Des scientifiques assurent que la vie n'est pas possible, même pour des micro-organismes, dans un endroit sur Terre. Il s'agit des étangs de Dallol, en Éthiopie : même en présence d'eau liquide, la vie n'y existe pas.

Il existe un endroit sur Terre où même les micro-organismes ne peuvent pas vivre. Une équipe de scientifiques s’est intéressé à des étangs chauds situés à Dallol, en Éthiopie, pour montrer que la vie n’y était pas possible. Les résultats, parus dans la revue Nature Ecology & Evolution, ont été présentés le 22 novembre 2019. Une prépublication du texte complet a été déposée sur la plateforme bioRxiv.

Les chercheurs identifient des obstacles qui « empêchent la vie de prospérer en présence d’eau liquide à la surface de notre planète et, potentiellement, ailleurs, alors qu’il s’agit d’un critère d’habitabilité largement accepté », écrivent-ils dans leur étude. Dans la recherche de la vie sur d’autres astres que la Terre, on part généralement du principe que pour que la vie apparaisse, il faut certainement trois éléments : de la matière organique, de l’énergie et de l’eau liquide. Cette nouvelle étude rappelle que la présence d’eau liquide ne signifie pas forcément que l’on observera à coup sûr de la vie.

Un étang à Dallol. // Source : Flickr/CC/mauro gambini (photo recadrée)

Des endroits stériles, même avec de l’eau liquide

Dans ces travaux, les scientifiques soulignent qu’il est nécessaire d’avoir une « combinaison de multiples biosignatures avant de prétendre à la présence de la vie », que l’on parle d’un endroit sur la Terre ou d’une autre planète. Autrement dit, ils recommandent de faire des interprétations prudentes lorsque l’on découvre ce qui pourrait s’apparenter à des biosignatures, sur Terre ou sur d’autres planètes.

« Notre étude montre qu’il existe des endroits à la surface de la Terre, comme les piscines de Dallol, qui sont stériles même s’ils contiennent de l’eau liquide », explique la biologiste Purificación López-García du CNRS, co-autrice de l’étude, dans un communiqué. Dallol est un site volcanique éthiopien, réputé pour pour ses températures très chaudes, ses effluves nocives et ses couleurs chatoyantes.

Plus tôt cette année, d’autres scientifiques ont considéré que la zone de Dallol pouvait être comparée à l’environnement sur la planète Mars. Les auteurs de la nouvelle étude affirment qu’il n’y a pas de vie microbienne dans les étangs de Dallol, nuançant ainsi la portée d’une telle comparaison avec la planète rouge.

Dallol. // Source : Flickr/CC/mauro gambini (photo recadrée)

Des minéraux qui ressemblent à des cellules

Les scientifiques ont voulu étudier quel type de vie microbienne pourrait survivre dans un environnement apparemment aussi hostile que Dallol. Pour cela, ils ont prélevé des échantillons sur quatre zones, en recueillant des saumures (de l’eau très salée) et des minéraux. Les échantillons ont été recueillis entre 2016 et 2018. Aucune vie microbienne n’a été trouvée dans ces prélèvements.

Même si certains éléments minéraux peuvent donner l’impression d’être composés de cellules lorsqu’on les observe au microscope, ce n’est pas le cas. Au contraire, ces éléments « se forment spontanément dans les saumures alors même qu’il n’y a pas de vie », commente Purificación López-García. C’est pourquoi les scientifiques concluent que, même en présence d’eau liquide détectée sur une planète, il faut rester prudent avant d’en déduire qu’elle est habitable.

Crédit photo de la une : Wikimedia/CC/Rolf Cosar (photo recadrée)

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