Le projet de l'Event Horizon Telescope a permis d'obtenir la première image d'un trou noir. Les scientifiques se donnent un nouvel objectif ambitieux : filmer le trou noir qui est au centre de la Voie lactée.

L’Event Horizon Telescope, l’équipe de scientifiques qui a présenté la première photo d’un trou noir, a un nouveau projet ambitieux : filmer le trou noir qui se trouve au centre de la Voie lactée. Ce sera l’objet du projet « ngEHT » (pour « next-generation Event Horizon Telescope »), repéré par Business Insider le 3 octobre 2019.

Grâce à ce « télescope nouvelle génération » (l’Event Horizon Telescope est un réseau de plusieurs observatoires sur la planète), les scientifiques aimeraient pouvoir « passer des images fixes aux vidéos en temps réel de l’espace-temps au niveau de l’horizon des événements », résume le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics dans un communiqué.

Le nouveau projet de l’Event Horizon Telescope. // Source : EHT Collaboration (photo recadrée et modifiée)

La première image d’un trou noir était très importante pour les scientifiques. C’est M87*, le trou noir supermassif (il mesure environ 6,5 milliards de masses solaires) situé au milieu de la galaxie Messier 87 (M87) qui a été imagé pour la première fois. Le cliché a permis de distinguer un anneau très brillant, l’horizon des événements du trou noir (sa frontière). Pour cette première image d’un trou noir, les scientifiques ont empoché un prix de 3 millions de dollars. Depuis cet exploit, les chercheurs se demandent comment faire encore mieux, par exemple en obtenant une image de trou noir encore plus nette.

Pourquoi filmer un trou noir ?

Passer d’une image fixe à une vidéo d’un trou noir est un projet ambitieux et prometteur. Des images animées permettraient d’observer la manière dont le trou noir évolue. Un trou noir est une région de l’espace très dense, qui ne laisse échapper aucune matière ou rayonnement. Comme l’explique le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics dans son communiqué, la communauté scientifique aimerait pouvoir étudier plus en détails comment les trous noirs « stimulent la luminosité et la dynamique de la plupart des noyaux de galaxies » (car on présume qu’un trou noir supermassif se trouve au centre de toutes les grandes galaxies).

La première image d’un trou noir. // Source : Wikimedia/CC/Event Horizon Telesccope (photo recadrée et modifiée)

C’est vers Sagittarius A*, le trou noir situé au centre de notre propre galaxie, que cet Event Horizon Telescope nouvelle génération pourrait se tourner. L’objectif serait de filmer pour la première fois le gaz en mouvement autour du trou noir. On estime que Sagittarius A* fait environ 4 millions de fois la masse du Soleil et qu’il se trouve à 26 000 années-lumière de la Terre.

Un challenge technologique

Le réseau du projet ngEHT devrait avoir deux fois plus de sites d’observations répartis sur la planète, que n’en possédait l’Event Horizon Telescope. Pour pouvoir imager Sagittarius A*, il faudra des télescopes installés dans des zones bien précises, en altitude et dans un environnement plutôt sec. L’observatoire OVRO (Owens Valley Radio Observatory) situé en Californie, fera partie du réseau ngEHT. Les scientifiques comptent aussi sur les améliorations du Grand Télescope Millimétrique (LMT) installé au Mexique.

Les scientifiques aimeraient pouvoir obtenir plusieurs heures de vidéos de Sagittarius A*, relèvent nos confrères de Business Insider. Sur le plan technique, ce serait un véritable challenge de récolter autant de données. Pour rappel, les données de la première image d’un trou noir ont été transportées par avion, car cette solution était plus rapide que de les envoyer par Internet.

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