Un incident est survenu pendant les tests au sol sur une capsule Dragon de SpaceX en avril dernier. L'entreprise a mené une enquête pour connaître les causes de l'explosion.

SpaceX a été confronté à une anomalie avec sa capsule Dragon le 20 avril dernier. L’entreprise a enfin expliqué quelles étaient les raisons de cette explosion, dans un communiqué publié le 15 juillet 2019. L’incident est survenu alors que SpaceX réalisait des tests au sol. Pour rappel, la capsule Dragon a été mise au point afin d’assurer de futurs vols habités entre la Terre et la Station Spatiale internationale.

L’origine de l’explosion est une fuite dans un composant, qui a permis à du peroxyde d’azote (NTO), un liquide utilisé comme comburant en astronautique, de s’écouler. Comme l’explique The Verge, cela a provoqué une réaction en chaîne qui a abouti à l’incident. Le liquide a pénétré dans des tubes d’hélium à haute pression, provoquant la « défaillance d’un composant en titane ». Un clapet de non-retour s’est enflammé, entraînant l’explosion.

Une représentation d’artiste de la capsule Dragon de SpaceX. // Source : Flickr/CC/Official SpaceX Photos (photo recadrée)

Une réaction qui n’avait pas été anticipée

Cette « réaction entre le titane et le NTO était inattendue », a précisé SpaceX. L’entreprise d’Elon Musk assure qu’elle tire des leçons de l’incident afin d’améliorer la sécurité de ses futurs vols. Les clapets de non-retour, qui permettent au comburant de s’écouler dans un sens, sont remplacés par des disques de rupture, censés éviter le risque qu’une telle explosion se reproduise. « Des tests approfondis et une analyse de ces d’atténuations a déjà commencé en étroite coordination avec la Nasa », fait savoir la société.

Les tests menés en avril devaient servir à vérifier que les systèmes de propulsion de la capsule étaient prêts à l’emploi. La capsule Dragon possède 2 systèmes de propulsion différents : l’un d’eux sert à manœuvrer en orbite, tandis que l’autre ne doit servir qu’en cas d’évacuation. C’est ce système, qui fonctionne avec 8 SuperDraco (des moteurs-fusées à ergols liquides), qui a été impliqué dans l’accident. L’enquête a révélé que l’anomalie s’est produite « 100 millisecondes avant l’allumage des 8 propulseurs SuperDraco », note SpaceX.

Lors des analyses des débris, les experts ont constaté que le clapet antiretour était endommagé. Cependant, les moteurs-fusées SuperDraco n’ont pas subi de dommage — SpaceX en profite pour souligner qu’ils sont donc fiables. Malgré tout, l’incident risque de retarder les plans de SpaceX : comme le font remarquer nos confrères, l’entreprise ne pourra probablement pas faire voler un équipage à bord de la capsule avant 2020 (et non à la fin de l’été comme prévu avant l’explosion). Effectuer ce vol avant la fin de l’année n’est pas qualifié d’ « impossible » par Hans Koenigsmann, vice-président chez SpaceX, même s’il concède que « cela devient de plus en plus difficile » de tenir cette échéance.

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