Pour préserver Voyager 2, la NASA doit faire attention à sa consommation électrique. En juillet, la décision a été prise de ne plus réchauffer un instrument scientifique.

Qui veut voyager loin doit ménager sa monture, dit le proverbe. Cela vaut aussi pour les grandes odyssées spatiales : Voyager 2, qui a a quitté la Terre depuis 42 ans, se trouve aujourd’hui à des milliards de kilomètres de distance. Elle a même franchi l’héliopause en novembre 2018. Il s’agit de la frontière extérieure du Système solaire. Au-delà se trouve le milieu interstellaire.

Seulement voilà : après 42 ans d’activité, le générateur électrique de la sonde produit de moins en moins d’énergie. Au fil des ans, la NASA a donc progressivement coupé certains instruments scientifiques pour le préserver au maximum. Pas moins de quatre outils ont ainsi été désactivés entre 1989 et 2008 à cette fin. À cela s’ajoute l’arrêt de deux autres systèmes, en panne ou défectueux.

Voyager 2. // Source : Nasa

Limiter la consommation électrique

Aujourd’hui, l’agence spatiale américaine a dû poursuivre dans cette direction, non pas en sacrifiant un instrument scientifique, mais en coupant le mécanisme qui permet de le réchauffer afin qu’il fonctionne dans de bonnes conditions dans le vide spatial. C’est le détecteur de rayons cosmiques (CRS) qui en fait les frais. Cependant, la bonne nouvelle, c’est qu’il continue d’être opérationnel.

Pour l’heure, Voyager 2 continue de transmettre des données obtenues par CRS alors même que la température environnante est de -52°C et que l’outil n’a été testé que jusqu’à -45°C. Toute la question est de savoir s’il pourra poursuivre son travail dans le temps dans un environnement aussi glacial. Outre CRS, trois autres outils scientifiques sont encore actifs sur Voyager 2.

Face à Voyager 2, un chemin infini. // Source : MaxPixel/CC0

Perte de rendement du générateur

Voyager 2 est alimenté par trois générateurs thermoélectriques de radio-isotopes, qui produisent de la chaleur par la désintégration naturelle de radio-isotopes de plutonium 238 et transforment cette chaleur en énergie électrique. Le problème, c’est que l’énergie thermique du plutonium baisse et que l’efficacité des générateurs diminue avec le temps. Chaque année, il y a près de 4 watts d’énergie électrique en moins.

Par rapport à son année de lancement, 1977, les générateurs de Voyager 2 produisent près de 40 % d’électricité de moins. Et cela ne va faire qu’empirer : la NASA estime que vers 2025, peut-être après s’il y a une gestion fine de la consommation énergétique, il n’y aura plus assez d’électricité à bord de Voyager 2 pour alimenter même un seul instrument. La sonde s’enfoncera alors inerte dans le vide spatial.

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