Le début de l'été est une période propice à l'observation des nuages noctiluques. Voici quelques conseils pour observer et photographier ces phénomènes très brillants.

Pas besoin d’aller sur Mars pour observer des nuages atypiques : en ce moment, vous pouvez tenter d’apercevoir les nuages noctiluques, ici sur Terre. Aux alentours du solstice d’été, la période est favorable à leur observation. La Nasa a d’ailleurs diffusé une photographie de cet étonnant phénomène le 26 juin 2019, sur son site Astronomy Picture of the Day.

Comment reconnaître un noctiluque dans le ciel ? Ces nuages très brillants semblent faits de filaments ou de vaguelettes. « Les nuages noctiluques sont des nuages de haute altitude, nous explique Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris. Ils sont éclairés pendant un laps de temps par le Soleil, quand le sol est lui déjà dans le noir. » Comme l’explique la Nasa, la plupart de ces nuages de haute atmosphère (entre 80 et 90 kilomètres d’altitude) n’ont été découverts qu’au cours de la décennie précédente : on présume qu’ils sont composés de glace ou encore de poussières météoritiques, mais leur composition exacte n’est pas encore certaine.

Des nuages noctiluques photographiés le soir du 21 juin 2019. // Source : Simon Lericque (photo recadrée)

Les nuages noctuloscents sont prisés des passionnés d’astronomie, pour les superbes clichés qu’ils permettent de réaliser. « On ne dort pas beaucoup quand on veut les photographier !, s’amuse Simon Lericque, président du Groupement d’Astronomes Amateurs Courriérois. Cette saison 2019 a débuté de façon exceptionnelle : j’ai pu en voir dès le 10 juin, ce qui est assez tôt. J’ai déjà assisté à une dizaine d’apparitions, contre 5 environ les autres années à la même période. »

Comment les trouver ?

Pour avoir une chance d’observer et de photographier ces nuages atypiques, mieux vaut choisir un endroit où l’horizon est bien dégagé. Les noctiluques apparaissent dans la direction du nord. « Ces nuages ne montent pas bien haut, jusqu’à 15 ou 16 degrés de hauteur », fait remarquer Simon Lericque. À titre de repère, le zénith (au-dessus de nos têtes) est à 90 degrés. « Quand on cherche des nuages noctiluques, on peut avoir des doutes si le ciel est voilé. La pollution lumineuse, elle, n’a pas d’influence sur l’observation de ces nuages », poursuit notre interlocuteur. Des noctiluques ont par exemple été vus au-dessus de Paris le 17 juin, note Ciel et Espace.

Vers quelle heure faut-il commencer à chasser ces nuages noctiluques ? Simon Lericque conseille d’attendre 23h, voire minuit, pour commencer l’observation du ciel. « Vers 3h à 4h du matin, c’est là que le ciel est plus propre et que l’atmosphère est transparente », explique-t-il.

Des nuages noctiluques photographiés le matin du 18 juin 2019. // Source : Simon Lericque (photo recadrée)

Comment les photographier ?

Lorsque ces conditions sont réunies, et si les nuages noctiluques apparaissent, vous pouvez tenter de les photographier. Avec votre téléphone portable, le mode nuit devrait suffire si le phénomène est assez exceptionnel, comme ceux que l’astronome amateur a pu voir ces derniers jours. Si vous avez du matériel plus sophistiqué, vous pouvez poser votre appareil sur un trépied et faire des poses de quelques secondes. « La focale [ndlr : l’angle de vision] dépend de ce qui apparait, si le phénomène est localisé ou pas », poursuit Simon Lericque. Vous pouvez essayer de photographier des détails du nuage, ou de faire des panoramas en assemblant ensuite les prises de vue.

Les apparitions plus fréquentes des nuages noctiluques, constatées depuis quelques années, pourraient-elles avoir un lien avec le changement climatique ? C’est ce que pensent certains spécialistes. La concentration des gaz à effet de serre (méthane et gaz carbonique) pourrait entraîner un refroidissement dans la haute atmosphère, favorisant le développement des nuages noctiluques. Les activités humaines pourraient alors d’expliquer pourquoi ces nuages sont de plus en plus visibles au fur et à mesure des années.

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