La coentreprise ArianeGroup annonce la mise en production des 14 premières fusées Ariane 6. Celles-ci voleront entre 2021 et 2023.

Si le vol inaugural de la toute nouvelle fusée Ariane 6 est fixé au mois de juillet 2020, ce n’est véritablement qu’à partir de 2021 qu’elle démarrera véritablement sa carrière opérationnelle. En effet, la production de série du futur lanceur sera enclenchée début 2021. C’est ce qu’a annoncé début mai ArianeGroup, la coentreprise entre Airbus et Safran en charge de sa construction.

En tout, ce sont quatorze exemplaires qui sortiront des usines de la société, afin de voler entre 2021 et 2023. Contrairement à SpaceX, qui a fait le pari industriel et technique de réutiliser le plus possible l’étage principal de sa fusée standard, le Falcon 9, l’Europe n’a pas fait le choix d’un engin réutilisable avec Ariane 6. Elle préfère garder pour cette génération le concept de lanceurs consommables.

C’est avec une autre fusée, baptisée Themis, que le Vieux Continent pourrait se lancer dans ce type de projet. Sur le papier, ce démonstrateur, qui doit faire son baptême de l’air en 2025, pourrait succéder à Ariane 6 (ou peut-être être employé en complément). Son étage central serait récupérable et il doit être équipé du nouveau moteur-fusée Prometheus, qui relèvera l’actuel moteur-fusée Vulcain.

Transition avec Ariane 5

Avant la mise en production d’Ariane 6, feu vert avait été donné en 2017 pour ériger le modèle qui décollera l’été prochain. « La maturité de l’industrialisation d’Ariane 6 est suffisante pour lancer la production du premier lanceur » avait alors dit ArianeGroup. Aujourd’hui, « nous pouvons désormais assurer la montée en cadence de la production d’Ariane 6 et préparer son exploitation », lance-t-elle.

Ces décisions sont prises alors qu’un pas de tir dédié est en train de sortir de terre et que des tests se poursuivent pour vérifier le bon fonctionnement de l’engin.

Ariane 6 est un lanceur construit sous l’égide de l’Agence spatiale européenne. Il existera en deux versions : Ariane 62 (2 boosters à poudre P120C) et Ariane 64 (4 boosters à poudre P120C) afin de pouvoir remplir toutes la gamme des missions spatiales — cela, en complément avec Vega, un lanceur destiné aux orbites basses et polaires — qui évoluera lui aussi, avec le modèle Vega C, attendu pour 2020.

Ariane 6 partagera un temps la vedette avec Ariane 5, qui doit partir à la retraite en 2023. ArianeGroup précise d’ailleurs qu’un dernier lot de huit fusées de cette génération — qui n’a plus connu le moins échec sérieux depuis janvier 2003 (hormis un incident début 2018, qui a pu être rattrapé) — sera produit. En 27 ans de carrière, on ne dénombre que deux échecs et deux échecs partiels depuis 1996.

Crédit photo de la une : ArianeGroup

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