Après un premier tir d'essai en juillet 2018, le deuxième test du propulseur d'appoint d'Ariane 6 s'est bien déroulé.

La séquence est époustouflante à regarder. Le 28 janvier 2019, au banc d’essai des propulseurs à poudre, un deuxième essai d’allumage du moteur P120C a eu lieu au centre spatial guyanais. La vidéo, tournée par un drone, montre l’engin actif pendant 135 secondes dans les installations aménagées par le Centre national d’études spatiales (CNES).

Le P120C est à la fois un propulseur d’appoint et un premier étage. Il est propulseur d’appoint pour la nouvelle fusée Ariane 6, qui procédera à son vol inaugural en 2020, et il est premier étage pour le lanceur léger Vega C, évolution de la fusée Vega, et dont le vol est prévu cette année. C’est d’ailleurs parce qu’il peut servir pour Ariane et pour Vega qu’il porte la lettre « C », pour Commun.

Dans le cas d’Ariane 6, il pourra y avoir deux ou quatre propulseurs d’appoint P120C, selon la configuration retenue (Ariane 62 en aura deux et Ariane 64 en aura quatre). En outre, la fusée pourra aussi compter sur la nouvelle version du moteur-fusée Vulcain (et vers 2030 sur le moteur-fusée Prometheus). Chaque propulseur P120C peut développer une poussée maximale de 4 650 kN.

Ariane 6 partira d’un tout nouveau pas de tir. // Source : CNES

Un troisième tir d’essai prévu

Il est difficile d’imaginer ce que cela peut représenter. Pour avoir un ordre d’idée, il faut savoir que l’énergie produite par une fusée Ariane 5 au lancement est suffisante pour couvrir les besoins en électricité d’un tiers de la France métropolitaine pendant près de deux minutes. Et Ariane 5, contrairement à Ariane 6, est configurée pour accueillir deux propulseurs d’appoint maximum.

Outre sa compatibilité avec Ariane 6 et Vega C, le P120C a une autre caractéristique : il est actuellement le plus gros propulseur à poudre monolithique en fibre de carbone au monde. D’ailleurs sa capacité d’emport  de propergol solide est de 142 tonnes. Sa conception, qui a débuté fin 2014, est assurée par ArianeGroup et Avio, à travers leur coentreprise, Europropulsion.

Après ce deuxième tir statique (le premier ayant eu lieu le 16 juillet 2018), un troisième tir de qualification doit avoir lieu au cours de l’année, avant la mise en service de la fusée Vega C.

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