En 2022, la Nasa va heurter un astéroïde pour s'entraîner à défendre notre planète contre cette menace potentielle. C'est Didymos, un système binaire déjà passé à proximité de nous, qui sera visé.

La Nasa va faire dévier l’astéroïde Didymos en septembre 2022. Même si l’objet ne représente pas de danger pour la Terre, il va permettre à l’agence spatiale américaine de s’entraîner à défendre notre planète contre cette possible menace. La Nasa l’a confirmé le 6 mai 2019.

Cet exercice fait partie du programme DART (« Double Asteroid Redirection Test »), entré en phase de conception préliminaire en 2017. Dans trois ans, l’impacteur « aura une chance de toucher sa cible, la lune mineure dans le système binaire d’astéroïde Didymos », indique l’agence.

La mission DART est prévue pour 2022. // Source : Johns Hopkins Applied Physics Laboratory

Pourquoi Didymos ?

Pourquoi cet astéroïde a-t-il été choisi ? D’après la Nasa, c’est « la cible de test idéale ». Il permettra aux scientifiques de mesurer le changement de gravitation de Didymos B (la lune mineure visée) autour de l’autre corps, Didymos A. Tenter d’observer l’évolution d’un unique astéroïde gravitant autour du Soleil serait plus complexe.

La mission est préparée au Laboratoire de Physique Appliquée de l’université Johns-Hopkins, à Laurel (au nord de Washington, États-Unis). Le lancement doit avoir lieu à l’été 2021. L’année suivante, l’astéroïde repassera « à proximité » de la Terre. En novembre 2003, il s’en était approché à une distance de 0,48 unités astronomiques (1 unité astronomique équivaut à la distance entre la Terre et le Soleil, environ 150 millions de kilomètres).

Comment dévier l’astéroïde ?

La Nasa va chercher à dévier cette cible. Pour cela, la mission nécessite des observations préalables du système Didymos. Le Très Grand Télescope (VLT) installé au Chili a récemment servi à étudier les changements lumineux de l’astéroïde binaire. Ainsi, les scientifiques peuvent savoir quand Didymos B se trouve devant ou derrière Didymos A : cette information est cruciale pour déterminer quand heurter le système et « maximiser la déviation », explique la Nasa.

Un astéroïde en mouvement. // Source : Pixabay (photo recadrée)

Des simulations sont également réalisées pour anticiper la structure de l’astéroïde et la façon dont il réagira à l’impact — si la surface de l’astéroïde est dure, l’impact le déviera probablement davantage que si sa surface est molle. La caméra DRACO, seul instrument embarqué par DART, servira à la navigation ainsi qu’à mieux comprendre cette structure peu avant l’impact.

Cet exploit, « vu jusqu’à présent uniquement dans les films de science-fiction », permettra peut-être enfin de savoir si un impacteur envoyé depuis la Terre peut modifier la trajectoire d’un astéroïde… et éviter ainsi un impact avec notre planète. Il ne sert à rien de tenter de détruire un astéroïde fonçant vers la Terre, assuraient encore récemment des scientifiques : le pousser dans une direction différente est une option, mais elle a aussi ses limites. L’objet pourrait se briser, ce qui ne signifie pas qu’il serait totalement endommagé.

Crédit photo de la une : Pixabay (photo recadrée)

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