La cathédrale Notre-Dame de Paris s'est embrasée le 15 avril 2019. L'enquête pour déterminer les origines du feu est en cours. Des hypothèses peuvent aider à comprendre comment les flammes seraient nées.

La cathédrale Notre-Dame de Paris a été ravagée par un incendie le 15 avril 2019. Le feu, qui serait d’origine accidentelle, s’est déclaré un peu avant 19 heures. À 23 heures, les pompiers ont annoncé que la structure de l’édifice était sauvée. Deux policiers et un sapeur pompier ont été blessés légèrement au cours de l’intervention, qui a aussi mobilisé des drones.

Les images de l’événement ont suscité de nombreuses interrogations. Comment un feu si intense a-t-il pu naître et se propager dans l’édifice sans être décelé plus tôt ? Pourrait-il s’agir d’une pyrolyse, et que cela signifie-t-il ? Ces incidents sont-ils fréquents dans les églises ?

Notre-Dame de Paris. // Source : Max Pixel/CC0 Domaine public (photo recadrée)

Quelle est la structure de Notre-Dame ?

« Malheureusement, les incendies vont de pair avec ces bâtiments historiques », a confirmé Edward Lewis, un spécialiste britannique de la restauration des vieux bâtiments en bois à Fast Company. Pour le comprendre, il faut rappeler la manière dont sont conçus ces édifices.

Sur Twitter, le pompier américain Gregg Favre a apporté ces précisions : l’architecture de la cathédrale Notre-Dame possède peu de coupe-feu, avec sa grande structure en bois aux espaces ouverts. « Un coupe-feu est un système de protection passif contre le feu constitué de divers composants et utilisé pour sceller les ouvertures dans les bâtiments », écrit le pompier, ancien officier commandant au service d’incendie de Saint Louis (Missouri).

De quoi est composé le feu ?

Pour brûler, le feu a besoin de plusieurs éléments, qu’on regroupe sous le nom de « tétraèdre du feu ». Comme l’explique Gregg Favre, ôter n’importe lequel de ces paramètres met fin au feu.

  • Un combustible : la matière qui peut brûler si elle entre en contact avec du dioxygène,
  • Un comburant : la substance chimique qui peut entraîner la combustion (le dioxygène),
  • Une énergie d’activation : l’apport d’énergie pour que la réaction chimique ait lieu. C’est généralement la chaleur ou une flamme.
  • Et, enfin, une réaction chimique.
Le tétraèdre du feu. // Source : Wikimedia/CC/Cjp24

Dans le cas de la cathédrale Notre-Dame, la seule option possible est le comburant. L’édifice contient trop d’éléments susceptibles de brûler (combustible), la chaleur dégagée par l’incendie est trop importante pour jouer sur ce paramètre (l’énergie d’activation) et il n’est pas envisageable de s’attaquer à la réaction chimique. Or, « il est presque impossible de contrôler la ventilation dans les églises. Leur conception est ouverte et aérienne. Parfait pour la messe du dimanche, terrible pour la gestion de la propagation du feu », constate Gregg Favre.

Y a-t-il eu des incidents similaires ?

D’après France 3 Île de France, l’incendie serait « potentiellement lié » à des travaux de rénovation. En France, ce n’est pas la première fois que cette explication est évoquée pour comprendre l’embrasement d’un monument religieux.

Le 28 janvier 1972, des travaux ont été à l’origine de l’incendie qui a ravagé la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes. En 2015, un autre sinistre était à déplorer dans la ville, concernant cette fois-ci la basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien. À nouveau, le feu avait une origine accidentelle, dans des travaux d’étanchéité menés sur le toit.

Qu’est-ce qu’une pyrolyse ?

Comme le suggère un internaute, le phénomène qui s’est produit à Notre-Dame est peut-être celui d’une pyrolyse, soit une « décomposition chimique obtenue par chauffage » en l’absence d’oxygène. Les éléments métalliques chauffés peuvent provoquer une hausse de température, qui progresse dans le composé organique (la charpente en bois) sur lequel ils sont plaqués. En cas d’exposition à l’air, l’incendie est inévitable : la fumée contient des radicaux libres. Le tétraèdre du feu est alors complet. L’absence de fumée, c’est-à-dire de signe visible de la réaction chimique en cours, peut aussi expliquer que l’incendie n’ait pas été repéré lorsque les travaux se sont achevés.

La ville de Paris a indiqué qu’une enquête était en cours pour tenter de déterminer l’origine de l’incendie. Des cagnottes ont déjà été lancées pour aider à la restauration du bâtiment. Contactés par nos soins, la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France et le porte-parole de la Brigade des sapeurs pompiers de paris n’ont pas encore donné suite à nos sollicitations.

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