Plus de peur que de mal : Arianespace a connu un souci de télémétrie lors d'une mission avec Ariane 5. Résultat, deux satellites ont été placés en orbite mais au mauvais endroit. Il devrait toutefois être possible de corriger leur trajectoire.

Même les meilleurs ne sont pas à l’abri d’un faux pas. Arianespace, qui a l’habitude de procéder à des lancements impeccables (fin 2016, l’entreprise bouclait son 76ème succès consécutif avec Ariane 5), a connu jeudi 25 janvier un incident heureusement sans gravité avec la mission VA241 puisque les deux satellites à son bord, SES-14 et Al Yah 3, ont été mis en orbite au mauvais endroit.

Un décollage d’une fusée Ariane 5.

Le souci ? La télémétrie : « quelques secondes après l’allumage de l’étage supérieur, la deuxième station de télémétrie à Natal, au Brésil, n’a pas acquis la télémesure du lanceur. Cette absence de télémesure a duré jusqu’à la fin de la mission  » raconte Arianespace dans son communiqué. Aussi, c’est « en aveugle » que les opérateurs au sol ont dû suivre le reste de la mission.

En effet, les autres stations employées par Arianespace pour suivre la course de ses lanceurs jusqu’en orbite, situées sur l’île de l’Ascension dans l’Atlantique sud, à Libreville au Gabon et près de Malindi au Kenya, ont rencontré le même souci, a fait savoir la société dans un échange avec l’AFP. Ce n’est qu’ultérieurement que le souci de positionnement a été constaté.

Correction d’orbite

Arianespace tient toutefois à faire remarquer que « la séparation des deux satellites a été confirmée, ainsi que leur acquisition et leur mise en orbite. Le contact est établi entre les satellites SES-14 et Al Yah 3 et leurs centres de contrôle respectifs. Les deux missions se poursuivent ». Reste toutefois le problème de l’orbite incorrecte, qu’il sera heureusement possible de corriger.

Les satellites sont en effet dotés d’un système de propulsion qui leur permettent d’ajuster leur orbite si cela s’avère nécessaire. Mais ce processus devrait prendre un certain temps selon SES, l’opérateur luxembourgeois en charge de SES-14. En tout cas, l’essentiel est sauf : les satellites sont fonctionnels, en bonne santé et en liaison avec les équipes au sol. C’est ce que confirme l’opérateur SES :

« SES confirme que l’engin spatial est en bon état de santé, que tous les sous-systèmes à bord sont nominaux et que le satellite devrait fonctionner comme le prévoit sa durée de vie théorique », lit-on dans son communiqué. SES estime que son satellite atteindra la bonne orbite d’ici quatre semaines. Al Yah 3, qui est destiné à l’opérateur Yahsat, des Émirats arabes unis, va subir la même correction.

De son côté, Stéphane Israël, le patron d’Arianespace, fait savoir que « malgré une déviation de trajectoire observée lors du lancement », les activités au Centre spatial guyanais ne seront aucunement affectées : « les prochaines campagnes de lancement sont en train de se dérouler comme prévu », a-t-il écrit sur Twitter. Un faux pas, donc, mais qui n’a pas fait tomber Arianespace.

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