La fusée conçue par l’entreprise bordelaise HyPrSpace décollera en 2027. Baguette One devrait être lancée depuis un site militaire dans les Landes, ce qui n’a jamais été réalisé dans l’histoire spatiale française.

Avec un nom pareil, il faut s’attendre à voir flotter un petit drapeau tricolore : Baguette One devrait décoller du sol français d’ici à l’année prochaine. C’est en tout cas la promesse de son constructeur HyPrSpace. L’entreprise bordelaise a annoncé le 11 septembre 2026 que sa fusée actuellement en cours de construction devrait partir d’ici à 2027. C’était auparavant la date de 2026 qui était établie, mais il aurait été étonnant qu’une jeune entreprise du spatial tienne les délais pour son premier lanceur.

Fondée en 2019, HyPrSpace avait bénéficié du plan France 2030 pour lever quelques dizaines de millions d’euros au fil des années, et ainsi concevoir un nouveau type de moteur de fusée hybride. Un mélange entre des solides et des liquides qui fournit une propulsion grâce à un système plus facile à construire et donc plus économe à terme.

Une fusée à Biscarosse

Dans l’idée, ce type de lanceur pourrait apporter des renforts aux gros mastodontes comme Ariane 6, avec une architecture plus flexible, et des lancements moins chers pour mettre en orbite des charges utiles plus modestes.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Baguette One n’est pour l’instant qu’un démonstrateur. Le premier vol devrait se dérouler à quelques centaines de kilomètres d’altitude avant que le lanceur redescende et puisse être récupéré grâce à un système de parachutes. L’entreprise compte ensuite passer au vol orbital avec un autre lanceur baptisé Orbital Baguette One (Ou OB-1, à prononcer Obi-Wan évidemment).

Baguette One testée au sol.
Baguette One testée au sol. // Source : HyPrSpace

Pour Baguette One, le lancement devrait avoir lieu sur un site de la DGA (Direction générale de l’armement), situé dans les Landes, à Biscarosse. Un choix inédit, mais qui n’a rien d’étonnant puisque le site est assez proche des locaux de l’entreprise, et que la DGA est un partenaire de longue date d’HyPrSpace, qui a déjà pu bénéficier de ses locaux pour des tests moteur au sol.

Un secteur ouvert à la concurrence

D’ailleurs, l’armée est aussi intéressée par le lanceur puisqu’il pourrait être utilisé pour des missions liées à la défense, même si l’entreprise vise également le secteur civil.

Si la mission est un succès, il s’agirait du tout premier lancement privé d’une fusée depuis la France métropolitaine. Il faut dire que le centre spatial de Kourou, en Guyane, présente certains avantages qui encouragent à délocaliser les lancements. Le fait qu’il soit dans une zone très isolée sans habitations autour, mais aussi la place de la Guyane sur le globe, plus proche de l’équateur, ce qui facilite la mise en orbite des charges utiles.

Source : Latitude
Pendant ce temps, Latitude avance aussi sur sa propre fusée. // Source : Latitude

Quoi qu’il en soit, HyPrSpace espère malgré tout faire sa place dans ce secteur, en comptant sur les besoins de l’industrie, notamment dans le monde militaire, et en jouant la carte de la souveraineté spatiale. À l’heure où les tensions internationales s’exacerbent, y compris avec les alliés d’hier comme les Etats-Unis, obtenir la possibilité de multiplier les lancements depuis son sol peut être un argument.

Mais les Bordelais ne sont pas seuls sur le secteur. D’autres constructeurs privés français comme Latitude prévoient aussi un premier lancement d’essai pour 2027, tandis que MaiaSpace a aussi entamé la construction de sa future usine et espère la même trajectoire.

@numerama

Nous avons assisté au premier lancement de la fusée Ariane 64 et pour vous filmer cet événement, on a sorti les grands moyens ! 📹 Suivez 👉 @numerama pour anticiper l’avenir ! __ #arianeespace #espace #fusée #ariane6 #amazonleo

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