L’Agence spatiale européenne a annoncé un peu plus de 500 millions d’euros de contrats pour financer un nouveau lanceur européen. Mais l’entreprise française MaiaSpace, précédemment sélectionnée, brille par son absence. Une mauvaise nouvelle pour la France ?

544 millions d’euros sur la table. L’Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé les montants des contrats conclus avec plusieurs entreprises privées pour construire une nouvelle fusée européenne. L’objectif est de renforcer les possibilités d’accès à l’espace déjà offertes par Ariane 6 et Vega-C, mais alors qu’une start-up française était dans les starting-blocks, elle est pour l’instant ignorée dans les montants alloués.

Il s’agit de MaiaSpace, start-up française liée à ArianeGroup qui faisait partie des cinq entreprises pré-sélectionnées dans le cadre de cet appel d’offres de 2025. Depuis, le Britannique Orbex avait également jeté l’éponge après des difficultés qui avaient conduit à son redressement judiciaire.

MaiaSpace, là sans être là

Dans un nouveau communiqué, l’ESA annonce donc les contrats avec 186,9 millions pour l’allemand Rocket Factory Augsburg (RFA), 158,9 pour les Espagnols de chez PLD Space et enfin, 197,8 millions d’euros chez Isar Aerospace, toujours en Allemagne, et son lanceur Spectrum.

Chacune de ces entreprises doit tenter, grâce à ces fonds, de développer son propre lanceur, sachant que certaines sont d’ores et déjà plus avancées que d’autres. Le contrat prévoit deux choses pour les différentes entreprises : parvenir à réaliser un lancement orbital avant la fin de l’année 2027, puis proposer des améliorations pour des lanceurs plus efficaces et puissants avant fin 2028.

Parmi les trois lauréats, Isar Aerospace est la seule à avoir déjà tenté un vol orbital : son premier lancement de Spectrum s’est soldé par un échec, et l’entreprise prépare une deuxième tentative. Aucune des fusées engagées dans le programme n’a encore atteint l’orbite, ce qui remet en perspective l’idée que certaines seraient nettement en avance.

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Les quatre lanceurs en compétition. // Source : ESA

En revanche, si MaiaSpace est bien absente dans les descriptions des différents contrats, son lanceur Maia Mark 1 se retrouve dans l’infographie qui accompagne le communiqué de l’ESA, ce qui signifie que tout n’est pas perdu pour la start-up française.

L’ESA précise que le contrat est en cours de finalisation et que de nouveaux détails seront connus d’ici quelques semaines, sans plus de précision. L’entreprise concernée non plus n’a pas communiqué, ce qui laisse entendre que le montant du contrat devrait être connu prochainement.

Des lanceurs difficiles à développer

Cela dit, cette absence pourrait être mal interprétée étant donné que l’entreprise avait déjà montré quelques signes de difficultés. En début d’année 2026, elle avait revu ses ambitions à la baisse, renonçant à proposer un premier vol d’essai avant la fin de l’année, préférant repousser cette échéance à 2027.

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Vue d’artiste du lanceur à venir de MaiaSpace. // Source : MaiaSpace

Elle n’est pas la seule à subir quelques échecs dans ce secteur. Chez Isar Aerospace, le développement de Spectrum n’est pas non plus de tout repos, ce qui n’a pas empêché l’entreprise de soulever de grands espoirs, et de rester dans la liste de l’ESA pour la suite des opérations. RFA a également dû repousser son vol inaugural prévu le mois dernier suite à un problème découvert lors de tests sur le pas de tir, et aucune nouvelle date n’est prévue. De son côté, PLD Space vise la fin de l’année pour un premier essai de son Miura 5.

Bref, « Space is hard », comme le veut la formule, et de nombreux rebondissements sont à attendre chez ces entreprises, ainsi que chez d’autres qui espèrent développer leur propre fusée.

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