SpaceX met en place un tout nouveau projet spatial, dont il n’a jamais parlé auparavant : Starshield. Ce projet s’adresse essentiellement à un client : le gouvernement des États-Unis.

C’est une nouvelle rubrique qui n’existait pas sur le site de SpaceX il y a peu. À côté des sections dédiées à ses fusées (Falcon 9, Starship, Falcon Heavy) et à ses prestations (Starlink, covoiturage spatial, transport d’équipage), l’entreprise américaine a ajouté un nouvel onglet : « Starshield », que l’on pourrait traduire par bouclier stellaire.

Le nom est grandiloquent, mais peut-être un peu trompeur. Il ne s’agit pas de repousser des menaces qui viendraient du cosmos, mais d’un service à destination du gouvernement américain. Le but ? Fournir une solution pour les États-Unis pour que Washington dispose d’un « réseau satellitaire sécurisé » pour répondre aux besoins de la sécurité nationale.

Starshield constitue une surprise, car jamais Elon Musk n’en a parlé — en tout cas pas sur Twitter –, même si, par le passé, l’intéressé avait indiqué que l’une des missions prioritaires de SpaceX est de mener des missions de ce genre. Le compte Twitter de SpaceX n’a, lui aussi, jamais évoqué un quelconque programme nommé Starshield.

De l’observation, de la communication sécurisée et des « charges utiles »

La page présente Starshield comme un outil taillé pour des applications militaires. Trois solutions sont mentionnées :

  • Une capacité d’observation du globe, avec de l’imagerie,
  • Des communications étatiques sécurisées
  • L’accueil de « charges utiles ».

Ce vocabulaire flou suggère que SpaceX intégrera de l’équipement spécial (non précisé à ce stade) sur ses satellites.

Manifestement, Starshield doit pouvoir s’intégrer dans le réseau satellitaire de Starlink, qui compte déjà plusieurs milliers d’engins en orbite terrestre basse. Le site ne dit pas si Starshield nécessitera une architecture modifiée, notamment pour que les satellites Starlink puissent assurer les opérations d’imagerie et le transport de charges utiles.

Le décollage de DART. // Source : Bill Ingalls
Un décollage d’une fusée Falcon 9, qui sera utilisée au profit de Starshield. // Source : Bill Ingalls

Compte tenu du caractère sensible des échanges transitant par Starshield, SpaceX assure que ce réseau, en plus du chiffrement déjà en place avec Starlink, intégrera aussi une « capacité cryptographique supplémentaire de haute sécurité pour héberger des charges utiles classifiées et traiter les données en toute sécurité, répondant ainsi aux exigences gouvernementales les plus strictes. »

Autre faculté mise en avant avec Starshield, qui existe déjà avec Starlink : la liaison laser entre satellites. Ce faisant, des satellites partenaires dotés d’une faculté analogue pourront rejoindre le réseau Starshield. Ces communications basées sur la lumière sont une aptitude méconnue de Starlink, mais qui peuvent couvrir des centaines et même des milliers de kilomètres.

La proximité entre le gouvernement et SpaceX n’est pas un fait nouveau : on sait que l’entreprise américaine envoie régulièrement des satellites pour le compte du Pentagone. On sait aussi que sa patronne, Gwynne Shotwell, a déclaré ne pas être opposée à la perspective de mettre en orbite des armes spatiales, si c’est pour la défense du pays.


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