C’est désormais officiel : le télescope James Webb a bien permis de trouver la galaxie la plus lointaine que l’on ait jamais vue. L’observatoire spatial de la Nasa est un véritable archéologue des galaxies.

La mission de James Webb commençait à peine, que l’on soupçonnait déjà qu’il découvrait la plus lointaine galaxie connue. Mais, la prudence était encore requise face aux premières données de James Webb. C’est dorénavant officiel : l’observatoire spatial confirme son statut d’archéologue des galaxies, ce 17 novembre 2022.

À l’aide du télescope James Webb, des scientifiques ont bien identifié deux galaxies à la luminosité inattendue. L’une d’elles contient la lumière stellaire la plus éloignée jamais observée. Les résultats sont présentés dans The Astrophysical Journal Letters — cette fois, ils sont bien publiés dans une revue scientifique, dont le contenu a été relu par des pairs, et pas simplement mis en ligne comme un simple brouillon des recherches.

Où étiez-vous 350 millions d’années après le Big Bang ? Cette galaxie, elle, était là

D’après la Nasa, ces galaxies existaient il y a bien longtemps : 350 et 450 millions d’années après le Big Bang. Nous voyons la plus lointaine des deux (baptisée GLASS-Z12), telle qu’elle était il y a environ 13,5 milliards d’années. Le précédent record était détenu par GN-z11, vue par Hubble en 2016, telle qu’elle existait 400 millions d’années après le Big Bang.

Les deux nouveaux spécimens n’ont pas grand-chose à voir avec notre propre galaxie, la Voie lactée. Les images obtenues par le JWST révèlent des structures « petites et compactes, avec des formes sphériques ou de disque, plutôt que de grandes spirales. »

Celle de gauche est la plus éloignée des deux galaxies. // Source : Via Twitter @NasaWebb
Celle de gauche est la plus éloignée des deux galaxies. // Source : Via Twitter @NasaWebb

Les chercheurs ne pensaient pas débusquer si rapidement des galaxies aussi éloignées grâce à James Webb. Ils s’étaient attendus à fouiller une portion bien plus grande de l’espace pour faire ce genre de trouvaille. « C’est comme une fouille archéologique, soudain, vous trouvez une ville perdue ou quelque chose que vous ne connaissiez pas », commente Paola Santini de l’observatoire de Rome, co-autrice de l’étude, citée par la Nasa.

Cette découverte a des implications intéressantes. Les scientifiques soupçonnent que les étoiles ont pu commencer à se former plus tôt que prévu, par rapport à ce que l’on imaginait. Cela aurait pu advenir dès 100 millions d’années après le Big Bang.

Il faut encore mener d’autres observations de suivi, avec ce même télescope spatial, pour progresser dans la connaissance de ces deux galaxies extrêmement lointaines. Mais, pour les auteurs de ces travaux, « il est clair que le JWST réussira à repousser la frontière cosmique jusqu’aux confins du Big Bang. »