La navette Challenger s’est désintégrée, peu après son décollage, en 1986. Des décennies plus tard, découvrir un nouveau débris du véhicule spatial, à bord duquel 7 astronautes ont perdu la vie, est toujours aussi poignant.

L’un des plus gros morceaux de la navette spatiale Challenger a été retrouvé au fond de l’Atlantique. La Nasa a confirmé le 10 novembre 2022 la découverte émouvante de ce bout du véhicule spatial, à bord duquel un équipage de 7 personnes a dramatiquement perdu la vie en 1986.

Le vestige de la navette, retrouvé par des plongeurs au large de la Floride, mesure au moins 4,5 mètres sur 4,5 — il s’agit de la partie apparente, le reste étant probablement sous le sable. À l’origine, les plongeurs tournaient un documentaire, à la recherche de l’épave d’un avion de la Seconde Guerre mondiale. En observant la forme de l’objet, couvert de tuiles, l’équipe de ce documentaire a fait le lien avec la Nasa. L’agence spatiale a visionné les images filmées sous l’eau et confirmé l’origine du débris.

L’annonce de cette découverte suscite beaucoup d’émotion. « Cette tragédie restera à jamais gravée dans la mémoire de notre pays », a affirmé Bill Nelson, administrateur de la Nasa. Bientôt 37 ans après le drame, le souvenir de l’accident de Challenger reste déchirant, encore en 2022.

73 secondes après le décollage, Challenger s’est désintégrée

L’accident est survenu le 28 janvier 1986. 73 secondes après le décollage de la navette spatiale Challenger, l’engin s’est désintégré dans le ciel. Tout l’équipage de la mission STS-51-L a péri, sous les yeux de nombreuses personnes venues assister au lancement, dont des écoliers. Une enseignante, Christa McAuliffe, était à bord du véhicule et devait devenir la première civile de l’espace.

Christa McAuliffe pendant un entrainement en 1985. // Source : Flickr/Nasa (photo recadrée)
Christa McAuliffe pendant un entrainement en 1985. // Source : Flickr/Nasa (photo recadrée)

La désintégration tragique de Challenger a durablement marqué la Nasa et le grand public. D’après l’enquête sur les causes de l’incident, il s’est avéré que les conditions climatiques n’avaient pas été prises suffisamment au sérieux. Les fusées sont particulièrement sensibles à la météo (bien plus que les avions). La nuit précédant le départ, il avait fait extrêmement froid sur la rampe de lancement où était installé Challenger. Malgré quelques inquiétudes exprimées par des employés du programme, le décollage avait été autorisé. Pourtant, les joints d’étanchéité de Challenger avaient gelé. C’est ceci qui a provoqué une fuite de gaz chaud de l’un des boosters et l’explosion du réservoir principal.

Un autre accident tragique est survenu en 2003 avec la navette Columbia (elle s’est détruite au moment du retour dans l’atmosphère), ce qui a encore coûté la vie à 7 astronautes. Avec l’accident de Challenger, ces drames ont forcé la Nasa à mettre la sécurité au premier plan lors des missions spatiales. On le voit bien avec la mission lunaire Artémis I, dont le décollage sans cesse repoussé est loin d’être l’exception dans l’histoire de la conquête spatiale. Il n’y a même pas d’équipage à bord d’Artémis I, et pourtant la Nasa n’a pas hésité à avorter plusieurs tentatives de décollage depuis l’été 2022.

@numerama

Le 26 janvier 1986, sept astronautes, dont une civile, s’apprêtent à embarquer dans la navette Challenger pour une mission d’une semaine… qui prendra fin après 73 secondes. #h#histoirec#challengers#spatialn#navettef#fuséea#anecdotesf#factsexplosion

♬ Paris – Else