L’entreprise annonce qu’elle ne va plus répertorier sur sa plateforme de prise de rendez-vous quelques spécialités liées au bien-être, comme les magnétiseurs ou les naturopathes.

À partir d’avril 2023, près de 5 700 praticiens ne pourront plus utiliser Doctolib, la plus importante plateforme de prise de rendez-vous médical en France. « Nous avons pris la décision de répertorier sur Doctolib exclusivement les professionnels référencés par les autorités de santé », prévient l’entreprise par communiqué de presse, le 26 octobre 2022.

Concrètement, les praticiens que l’on regroupe parfois sous l’expression générique de « médecine alternative » ou « médecine non conventionnelle », comme les hypnothérapeutes, les sophrologues, ou bien les magnétiseurs ne pourront plus utiliser la plateforme pour gérer leur rendez-vous.

5 700 praticiens concernés par ce coup de balai

Les spécialités affectées par cette exclusion sont les hypnothérapeutes, les sophrologues, les naturopathes et les psychanalystes qui ne sont ni des psychologues, ni des psychiatres, a confirmé la société à Numerama. D’autres professionnels seront touchés par la décision, comme les réflexologues, mais ces derniers devaient obligatoirement s’inscrire dans l’une des quatre catégories précédemment citées, qui regroupaient d’autres activés.

Ces spécialités correspondent à ce que Doctolib les « activités de bien-être » et la plateforme reconnaît que celles-ci « répondent à une demande des patients et sont parfois exercées dans des établissements de santé ou par des professionnels de santé ». « À ce titre, elles étaient présentes sur Doctolib », poursuit le groupe.

Il ne sera bientôt plus possible de prendre rendez-vous avec des sophrologue sur Doctolib // Source : Capture d'écran Numerama
Il ne sera bientôt plus possible de prendre rendez-vous avec des sophrologues sur Doctolib. // Source : Capture d’écran Numerama

Cependant, « à la suite de signalements en août dernier, nous avons cherché à mieux encadrer le référencement sur Doctolib des praticiens exerçant uniquement des professions de bien-être », précise l’entreprise. La plateforme a lancé une consultation de 6 semaines auprès d’organismes de santé reconnus par l’État, comme les conseils nationaux des ordres de santé ou encore la Miviludes, une mission chargée de la lutte contre les dérives sectaires.

Il est ressorti de cette consultation que, bien que ces pratiques pouvaient être bénéfiques pour certains patients, elles « ne sont pas encadrées par les autorités sanitaires contrairement aux professions réglementées de la santé ». Il n’existe donc pas de moyen objectif pour vérifier le niveau des praticiens et leurs qualifications, ce qui constituait un problème pour Doctolib.

« 5 700 praticiens exerçant des professions de bien-être, aujourd’hui utilisateurs de Doctolib, ont été informés qu’ils ne pourront plus bénéficier de nos services, en l’état actuel de la réglementation », ajoute l’entreprise. Ils ont jusqu’au mois d’avril 2023 trouver des solutions de remplacement.

« Le manque à gagner est évidemment important pour nous », a souligné Doctolib à Numerama. « Les 5 700 praticiens concernés représentent plus ou moins 3 % de tous ceux inscrits, mais le nombre de rendez-vous qui les concerne est marginal à l’échelle de Doctolib. »