Le télescope spatial James Webb continue de livrer des clichés du cosmos d’une acuité saisissante. Cette fois-ci, il s’agit de la galaxie M74 ou « Phantom Galaxy », dans le spectre infrarouge.

Il n’aura fallu qu’un été pour que le télescope spatial James Webb (JWST) livre déjà tout un stock de clichés spatiaux sublimes — et pertinents pour les scientifiques. Entre le champ profond de l’Univers et la détection de CO2 dans l’atmosphère d’une exoplanète, le JWST n’a pas chômé. Mais il nous a aussi émerveillés.

Et il le fait une nouvelle fois dans un cliché partagé par l’Agence spatiale européenne, le 29 août 2022. Qu’y voit-on ?

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La galaxie M74 à travers le spectre, en combinant Hubble et James Webb. // Source : ESA

M74 a du style

Le cliché pris par James Webb nous montre la bien connue galaxie M74 — pour Messier 74. Découverte dès 1780 par l’astronome français Pierre Méchain, elle est située à 32 millions d’années-lumière de notre planète, dans la région correspondant à la constellation du Poisson. Elle appartient à la catégorie des galaxies spirales… version luxe : elle est une « galaxie spirale de grand style » (et oui, cela existe vraiment). On doit cette expression à des bras proéminents et très définis.

On lui donne aussi un petit surnom (surtout en anglais) de « Galaxie Fantôme » (Phantom Galaxy). La raison est simple : en raison de sa faible luminosité en surface, les astronomes amateurs ont souvent du mal à la repérer.

James Webb apporte sa « vision aiguisée »

La galaxie a déjà été étudiée avec d’autres télescopes, comme Hubble. Mais le JWST a pu y poser le regard de MIRI, instrument apte à observer le rayonnement infrarouge moyen à long. « L’ajout d’observations Webb claires comme du cristal à de plus grandes longueurs d’onde permettra aux astronomes de localiser les régions de formation d’étoiles dans les galaxies, de mesurer avec précision les masses et les âges des amas d’étoiles, et de mieux comprendre la nature des petits grains de poussière qui dérivent dans l’espace interstellaire », précise l’ESA.

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Les différentes observations de M74 à l’aide de Hubble, de Hubble et Webb, et de l’infrarouge seulement de Webb. // Source : ESA

« La vision aiguisée de Webb a révélé de délicats filaments de gaz et de poussière dans les grandioses bras spiraux de M74, qui s’enroulent vers l’extérieur à partir du centre de l’image », ajoute l’ESA quant à l’apport du JWST. « L’absence de gaz dans la région nucléaire permet également d’obtenir une vue non obstruée de l’amas d’étoiles au centre de la galaxie. »