La Russie a indiqué vouloir partir après 2024 de l’ISS. Cet « après 2024 » semble bien parti pour devenir un « après 2028 ».

Rebondissement inattendu dans la politique spatiale russe. Finalement, le pays n’est plus si pressé que cela à l’idée de quitter la Station spatiale internationale (ISS). Aux dernières nouvelles, la Russie souhaite maintenant rester dans le coup, en tout cas le temps que naisse la prochaine station spatiale intégralement russe — ce qui n’est assurément pas pour demain.

Un départ après 2024… qui surviendrait après 2028 ?

Selon des informations obtenues par Reuters, des responsables américains ont obtenu de leurs homologues russes l’information selon laquelle Roscosmos — l’agence spatiale locale — désirerait poursuivre l’envoi de cosmonautes à bord de l’ISS le temps que Moscou assemble sa propre structure orbitale. Or, ce projet prendra des années.

À la fin juillet, le nouveau patron de Roscosmos, Iouri Borissov, avait eu un entretien avec Vladimir Poutine pour lui parler des plans du pays en matière d’espace. C’est à ce moment-là que le responsable a indiqué à son président que la décision d’un retrait de l’ISS « après 2024 » a été prise. Mais il n’était pas clair si cela signifiait un départ dès 2024, ou à une date ultérieure indéfinie.

Les récents développements apportés par l’agence de presse suggèrent qu’il faut comprendre que cet « après 2024 » est beaucoup plus imprécis que ce que laissait penser la communication du Kremlin. Si la station spatiale russe voit le jour en 2028, ce qui correspond au calendrier avancé par Roscosmos, la Russie resterait donc dans la partie quatre ans de plus après cette échéance.

ISS station spatiale
La Russie tire aussi les fruits de l’exploitation de l’ISS. // Source : NASA Johnson

De fait, Moscou pourra toujours arguer que ce décalage de quatre ans demeure tout à fait conforme à son plan — c’est toujours après 2024, d’une certaine façon. Ce flou lui offre aussi de la souplesse, si jamais l’assemblage de la station russe prend du retard. Le pays est frappé par de vives sanctions depuis son invasion de l’Ukraine et il lui est beaucoup plus difficile de s’approvisionner.

On pouvait sans doute se douter que la Russie n’était peut-être pas si empressée de partir d’une station qui participe à son prestige, dans laquelle elle a beaucoup investi et qui lui permet de faire de la recherche spatiale. L’agence spatiale américaine avait d’ailleurs observé n’avoir reçu aucune notification d’un prochain retrait russe, ce qui est pourtant la procédure.

Ce revirement règle en tout cas pour un temps la question des modules russes en cas de départ de Moscou — plus exactement, il repousse le problème à plus tard. Le devenir de toutes les structures apportées par Roscosmos est un gros problème juridique à venir, car si la perspective d’un retrait est possible, les conditions dans lesquelles il se réalise restent à écrire.

Sauf prolongation de sa carrière opérationnelle, l’ISS devrait tirer sa révérence aux alentours de 2030, avec une chute programmée dans l’océan. Si la Russie maintient un peu plus longtemps sa contribution, peut-être que les problématiques soulevées n’auront pas besoin de solution, puisque les segments russes disparaîtront en même temps que le reste de l’ISS.