La Station spatiale internationale sera désorbitée en janvier 2031. Pour ce faire, elle va être volontairement reguidée vers la Terre. Elle se désintégrera dans l’atmosphère en se dirigeant vers un point précisément défini : le point Némo.

La fin de la Station spatiale internationale (ISS) est programmée. Habitée depuis 2000, il faut dire qu’elle se fait vieille, tant et si bien que son maintien va poser de plus en plus de défis techniques. La Nasa souhaite poursuivre son exploitation jusqu’en 2030, et l’Agence spatiale européenne devrait normalement suivre (c’est moins sûr pour la Russie). Mais lorsque cette date sera passée, c’en sera définitivement fini de l’ISS.

Dans un rapport, délivré au Congrès début 2022, la Nasa a confirmé que le désorbitage de la station était prévu pour janvier 2031. « Alors que la NASA attend avec impatience une décennie de résultats de la recherche et du développement technologique à bord de la Station spatiale internationale, l’agence prend des mesures pour assurer une transition réussie des opérations vers les services commerciaux », explique le communiqué. De nouvelles stations, gérées entièrement ou en partie par des entreprises privées, vont peu à peu prendre place dans l’orbite basse terrestre.

Comment désorbiter une station comme l’ISS ? En la faisant se désintégrer dans l’atmosphère lors d’un crash contrôlé. Mais pas n’importe comment, et encore moins n’importe où, évidemment.

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L’ISS. // Source : Pixabay

Qu’est-ce que le point Némo, la décharge spatiale dans l’océan ?

Avant le désorbitage, les astronautes quitteront le navire — cela va de soi — et tous les équipements pertinents, qui peuvent être récupérés, seront ramenés au sol. Lorsque l’ISS aura été vidée, et qu’il ne restera plus qu’à se débarrasser de ce qu’il reste, elle ne sera pas démontée. Cette technique serait trop coûteuse et périlleuse. Elle va tout bonnement être détruite avec un crash téléguidé. L’ISS va donc se désintégrer dans l’atmosphère durant ce retour sur Terre.

Et c’est dans un cimetière bien connu de l’odyssée spatiale que les restes vont atterrir : le point Nemo. Aussi appelé « pôle maritime d’inaccessibilité », celui-ci est situé en plein cœur de l’océan Pacifique, à environ 5 000 km de la côte néo-zélandaise et à 3 000 km au nord de l’Antarctique. Ce point est tellement éloigné de tout lieu habité que, concernant les distances, les humains les plus proches sont souvent, justement, les astronautes à bord de l’ISS, lorsque la station passe au-dessus.

C’est cette spécificité géographique qui en fait l’endroit idéal pour un crash, réduisant considérablement les risques pour les humains. Ce ne sera pas une première : il s’agit d’une véritable décharge spatiale. C’est là que l’ancienne station Mir a été dirigée en 2001, ou encore la station Skylab en 1979, et on y trouve des centaines d’autres objets spatiaux — pas moins de 263 depuis 1971 d’après une étude publiée en 2019.