Cette semaine, on vous propose un jeu plutôt minimaliste. Mais minimalisme ne veut pas dire sans intérêt, et surtout pas sans stratégie. La preuve avec K3.

Le K3, ou Broad Peak, est l’un des plus hauts sommets du monde, et est aussi réputé pour être l’un des plus difficiles à escalader. Ne tournons pas autour du pot, ce n’est pas par son respect du thème que K3 a su nous séduire, mais bien par ses qualités ludiques.

Chaque joueur reçoit un certain nombre de pions de différentes couleurs en début de partie, selon le nombre de participants, et les dispose en pyramide. Un peu au hasard la première fois, puis de façon bien plus réfléchie aux parties suivantes. Les pions restants sont placés en ligne au centre de la table, et constituent la base de la montagne.

Un tour de jeu est très simple, puisqu’il consiste à retirer un pion de sa propre pyramide et à l’ajouter à la montagne. On ne peut prendre qu’un pion accessible, c’est-à-dire chevauché par aucun autre. Donc uniquement celui du sommet de sa pyramide au premier tour, puis de plus en plus au fur et à mesure de l’avancement.

K3
Source : Helvetiq

Un pion doit être placé à cheval sur deux autres de la montagne, et toujours sur au moins un pion de la même couleur. Quand vient son tour et qu’on ne peut plus jouer, car on n’a plus de pion ou que les couleurs ne permettent pas de le poser, on est éliminé. Le dernier joueur en lice remporte la partie.

K3
Source : Helvetiq

Quelques subtilités bienvenues viennent corser le tout. Il existe ainsi deux couleurs de pions spéciales. Les pions naturels, qui font office de joker, et qui peuvent reposer sur ou soutenir n’importe quelle couleur. Et les pions blancs, qui permettent de temporiser en passant son tour. Enfin, si on pose son pion sur deux autres de la même couleur, on écope d’une pénalité : le joueur précédent récupère un de nos pions accessibles, et pourra le jouer quand il le souhaite.

Pourquoi jouer à K3 ?

Fans de jeux abstraits aux règles simples et aux parties rapides, K3 est fait pour vous. Une petite boîte, un matériel minimaliste, bien que très agréable à manipuler puisqu’en bois, un sac en toile pour l’emmener partout, et pourtant un concentré de stratégie.

K3
Source : Helvetiq

Au-delà de la stratégie, K3 demande surtout de la planification et de la programmation. Et celle-ci commence dès la mise en place, avant même que la partie ne commence réellement. On connaît ses pions, ceux des adversaires, et ceux de la montagne. On peut donc construire sa pyramide en connaissance de cause, en planifiant les pions qu’on aura libérés au fur et à mesure des tours. Nettement plus facile à dire qu’à faire. Et évidemment, comme toujours, l’enfer c’est les autres, et ils ne se priveront pas pour vous enquiquiner.

K3 est un jeu simple, minimaliste, mais fichtrement malin

Comme la plupart des jeux abstraits, et même si K3 permet de jouer jusqu’à quatre, c’est le mode deux joueurs qui, à notre sens, est le plus intéressant. C’est lui qui apporte le plus d’interactions et permet de mettre en place une vraie stratégie à long terme, en prévoyant plusieurs coups à l’avance, en tentant le plus possible de bloquer l’adversaire, à forcer ses décisions, ou à l’obliger à subir une pénalité. Le jeu propose même une variante coopérative, idéale pour initier des enfants.

K3 est un jeu simple, minimaliste, tant par son matériel, tout en bois, que ses règles, mais fichtrement malin. Si vous aimez les jeux de programmation et de planification, il saura vous combler. Et comme nous, vous risquez d’enchaîner les parties, une défaite appelant une revanche. Enfin, si vous ne connaissez pas cette catégorie, mais que vous êtes curieux, c’est le candidat idéal pour la découvrir, grâce à ses règles très simples et ses parties rapides.

  • K3 est un jeu de Philippe Proux
  • Illustré par Felix Kindelán
  • Édité par Helvetiq
  • Pour 2 à 4 joueurs à partir de 8 ans
  • Pour des parties d’environ 20 minutes
  • Au prix de 19,90 € chez Philibert

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