The Legend of Zelda aurait peut-être pu s'appeler The Legend of Link. Mais une conversation entre Shigeru Miyamoto et une personne chargée du marketing a permis à la licence de trouver son nom définitif.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild aura donc une suite sur Switch. Si vous suivez un tant soit peu l’actualité du jeu vidéo, cette phrase ne devrait pas vous faire tomber de votre siège. Voilà en effet deux ans que l’on connait l’intention de Nintendo de proposer de nouvelles aventures à ses personnages et, à travers eux, aux joueurs et joueuses. Le jeu ne sera toutefois pas disponible avant 2022.

Évidemment, il y a encore beaucoup de mystère autour du titre : si Nintendo a présenté lors de l’E3 2021 de nouvelles images du jeu, permettant d’avoir un petit aperçu des armes et des pouvoirs qu’il sera possible de manipuler dans ce prochain opus, l’éditeur japonais se garde bien d’en dire trop. À dire vrai, on ne connaît même pas encore le titre du jeu vidéo, qui est simplement décrit comme une « suite de ».

Zelda
La princesse Zelda, dans Breath of the Wild. // Source : Nintendo

Ces petites cachoteries autour du vrai nom de Breath of the Wild 2 (son surnom actuel, faute de mieux) s’avèrent en fait une bonne occasion pour évoquer un tout autre sujet, en apparence éloigné, mais qui est relatif à l’identité de la licence. Les fans de cette licence sont certainement déjà incollables et intarissables sur ce sujet, mais peut-être échappe-t-il aux autres.

Pourquoi diable l’héroïne du jeu s’appelle-t-elle Zelda ? D’où provient ce nom ? Et surtout, qu’est-ce qui a poussé Nintendo à mettre en avant cette héroïne dans le titre du jeu, alors même qu’un autre personnage tout aussi central existe, en la personne de Link, et qu’il est en plus le personnage que l’on contrôle au fil des différents épisodes ? En somme, pourquoi ne joue-t-on pas à The Legend of Link ?

Les réponses à ces questions figurent dans un ouvrage officiel de Nintendo, paru au Japon en 2011 et en 2016 en France aux éditions Soleil Manga. Le livre, baptisé The Legend of Zelda – Hyrule Historia, contient en effet une préface signée par Shigeru Miyamoto, le célèbre créateur et producteur de jeu vidéo — on lui doit non seulement Zelda, mais aussi Mario, Donkey Kong, Pikmin, ou encore Star Fox.

L’influence d’une écrivaine américaine

Celui qui est devenu le responsable créatif chez Nintendo dévoile dans Hyrule Historia que le choix du nom du jeu vidéo a été influencé par une romancière américaine, Zelda Fitzgerald, qui a vécu durant la première moitié du 20e siècle. Séduit par les sonorités de Zelda, Shigeru Miyamoto a ainsi pu compléter le titre qu’il avait déjà commencé à imaginer avec « The Legend of … » ( «  … no Densetsu », en japonais).

« Le titre du jeu […] n’a pas été trouvé tout de suite. Certes, j’avais dès le départ l’envie d’un jeu commençant par The Legend of…, mais j’éprouvais de nombreuses difficultés à trouver quoi mettre à la place de ces trois points de suspension », raconte-t-il. Or, c’est au cours d’un échange avec une personne au marketing, qui lui suggérait d’accompagner le jeu d’un livre d’histoires, que le nom de Zelda est arrivé sur la table.

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Zelda Fitzgerald, en 1919. // Source : Domaine public

Ce n’est d’ailleurs pas Shigeru Miyamoto qui a évoqué le nom de l’écrivaine au départ, mais son interlocuteur : « aux États-Unis, il y a une femme très connue, épouse d’un écrivain, qui porte le nom Zelda. Que pensez-vous de ce nom pour nommer cette jeune princesse à la beauté éternelle ? ». Si ce livre d’histoires n’a pas retenu son attention, le nom de l’autrice, lui, a fait mouche.

Shigeru Miyamoto admet avoir été « immédiatement séduit » par Zelda et a demandé, dans une courtoisie toute japonaise, s’il lui était possible de garder ce nom pour baptiser son héroïne. La réponse, bien sûr, a été positive. « Voilà donc comment est né le titre ‘The Legend of Zelda’ », conclut l’intéressé : par une discussion improbable autour d’un ouvrage qui n’a jamais vu le jour.

Pour la petite histoire, la notoriété de cette licence a été telle que des parents ont parfois été influencés par ce jeu, plus que par l’écrivaine, pour baptiser leur enfant Zelda. Le cas le plus célèbre est la fille de Robin Williams, Zelda. Les deux se sont d’ailleurs prêtés au jeu dans une publicité annonçant la sortie du remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time sur Nintendo 3DS, en 2011.

L’acteur américain avait une certaine passion pour les jeux vidéo et l’informatique. Dans une vidéo montrant les coulisses de cette publicité, l’acteur a expliqué que lorsque sa première femme était enceinte de Zelda, qui est née en 1989, il lui arrivait de jouer à Zelda. À cette époque, deux jeux étaient déjà sortis, avec The Legend of Zelda (juillet 1987 aux USA) et Zelda II : The Adventure of Link (fin 1988 aux USA).

Et Link, alors ? Pourquoi le héros de la licence porte-t-il ce nom  ? Là encore , il y a une explication, mais elle est nettement plus terre-à-terre : Shigeru Miyamoto explique, dans Hyrule Historia, avoir retenu ce nom « parce qu’il attendait de lui qu’il serve de lien. Son rôle était en effet de relier les énergies éparpillées à travers le monde et de créer des liens par-delà les époques ».

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