Une mission du jeu vidéo Outriders, disponible depuis le 1er avril 2021, laisse penser qu'elle fait référence à l'invasion du Capitole, survenue en début d'année. Le développeur s'en défend.

Il n’y a pas que l’instabilité des serveurs qui fait parler les joueurs d’Outriders, jeu vidéo édité par Square Enix disponible depuis le 1er avril 2021. Comme le révèle Kotaku dans un article du 5 avril, une séquence en a interpellé plusieurs. Dans l’une des missions de ce je, situé dans une apocalypse ayant poussé l’humanité à chercher une autre planète, le héros et un autre personnage font référence à une attaque sur Washington avec des mots clés qui rappellent l’assaut du Capitole du début d’année.

Toutefois, il est difficile d’accuser le studio People Can Fly d’avoir utilisé ce fait réel pour nourrir son jeu de tir : « Nous avons écrit et enregistré le script de Outriders il y a quelques années et tous ses éléments sont purement fictifs et liés à l’univers du jeu. Toutes les similitudes avec des événements du monde réel sont des coïncidences », indique un porte-parole. 

Outriders // Source : Square Enix

Mauvais timing pour Outriders

Au regard de la nature des événements qui ont choqué l’Amérique en janvier, il aurait été malvenu de la part de People Can Fly et Square Enix de s’en inspirer.

Avant que l’on ne sache qu’il s’agissait d’une coïncidence liée à un mauvais timing, il y avait bien des raisons de penser qu’il s’agissait d’une référence. Les protagonistes emploient par exemple des mots comme «  mob », «  redneck » ou encore « storming », soit ceux utilisés par les médias américains pour décrire les faits. « America shaken after pro-Trump mob storms US Capitol building », titrait par exemple The Guardian le 7 janvier. 

Il aurait été de toute façon complexe, voire impossible, pour People Can Fly d’intégrer l’invasion du Capitole dans leur jeu. Les événements ont eu lieu le 6 janvier 2021, soit quelques semaines seulement avant le lancement de la démo jouable — le 25 février –, où apparaît déjà le dialogue (comme le souligne cet utilisateur de Reddit). En termes de charge de travail (écrire un dialogue, le valider et l’intégrer dans le jeu de manière pertinente), cela paraît trop pour un laps de temps aussi court. Au mieux, les développeurs sont donc des visionnaires.

On rappellera enfin que les éditeurs de jeux vidéo ne veulent jamais être affiliés à des courants politiques, mettant souvent en avant leur neutralité. Ce fut par exemple le cas d’Ubisoft après une mauvaise blague liée à The Division 2 (autre jeu de tir basé sur la folie du butin). Elle s’articulait notamment autour d’une image du Capitole en partie détruit. C’était en 2019.

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