Le gouvernement s'est associé à la production du Bureau des Légendes pour proposer des clips de sensibilisation sur la cybersécurité.

C’est une manière originale de populariser les enjeux de cybersécurité et, par la même occasion, de sensibiliser le grand public. Alors que vient d’être dévoilé le 18 février le plan français d’investissement d’un milliard d’euros pour soutenir le secteur du cyber, le gouvernement a diffusé dans le même temps une vidéo mettant en scène la série Le Bureau des Légendes (Canal+), avec une partie de son casting.

Dans cette séquence d’un peu moins de trois minutes, on suit la journée d’une jeune femme, opératrice au sein de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), les services secrets français. Alors qu’elle enchaîne briefings et missions, l’intéressée, qui est de toute évidence une crack en informatique, est constamment dérangée par ses proches, qui subissent toutes sortes de pépins avec leur PC.

Des soucis qui ne sont en fait pas anodins : dans un cas, la mère de l’opératrice lui dit que la mairie est touchée par un rançongiciel (un logiciel qui bloque des fichiers et des dossiers et qui exige le paiement d’une rançon pour peut-être les libérer). Dans un autre, c’est le frère qui subit un chantage à la webcam. Et puis il y a aussi cet oncle qui pense avoir perdu un fichier à cause d’un virus.

« Pas besoin de connaître quelqu’un au Bureau des Légendes pour adopter les bons réflexes »

Ces différentes petites scènes visent en fait à illustrer des attaques informatiques plutôt courantes, auxquelles peuvent être confrontés des particuliers, mais aussi des mairies, des administrations ou des entreprises de toutes tailles. À chaque fois, la jeune femme, qui a normalement autre chose à penser du fait de ses responsabilités à la DGSE, mais que ses proches ignorent vraisemblablement, délivre ses conseils :

  • Pour l’un, elle conseille de porter plainte et de changer ses mots de passe.
  • Pour l’autre, de ne surtout pas céder à la demande de paiement.
  • Pour le troisième, elle demande si pour le fichier perdu une sauvegarde avait été faite avant — ce qu’il faudrait d’ailleurs faire souvent, mais qu’on ne fait jamais (et qu’on se dit que c’est très vrai, y compris en lisant cet article, mais qu’on ne fera rien quand même — et vous ne ferez rien).

Sensibiliser le public avec une référence qu’il connaît

Plus généralement, la vidéo vise surtout à faire la promotion d’une plateforme en place depuis 2017, qui s’appelle Cybermalveillance, dont le but est de fournir une assistance aux victimes de toutes sortes de cyberattaques. Elle est aussi l’occasion de mettre en lumière l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), une agence de l’État qui joue le rôle de cyber-pompier face à ces menaces.

Là où la vidéo est très maligne, c’est dans son utilisation du Bureau des Légendes. En effet, on retrouve quelques membres de la distribution — certes, plutôt des seconds rôles, même si des références aux têtes d’affiche, comme Malotru ou Phénomène, sont glissées au fil des dialogues. Cela devrait lui assurer une forte viralité, car cette série jouit d’une très forte notoriété, de la critique comme du public.

Cybermalveillance vient en aide aux particuliers

Pour qui suit cette série produite et diffusée par Canal+, Le Bureau des Légendes est un choix très pertinent : tout au long des saisons, et surtout des dernières, la dimension informatique est présente, avec une intrigue qui évolue au gré des piratages, accès frauduleux à distance, coups de force sur les réseaux informatiques, vols de données et autres joyeusetés numériques.

C’est The Oligarchs Productions qui a assuré le développement de cette vidéo — en fait trois spots mis bout à bout, mais pouvant être diffusés séparément, ce que fait d’ailleurs l’ANSSI. The Oligarchs Productions connaît bien l’univers du Bureau des Légendes : elle participe à la production de la série. La société a d’ailleurs été cofondée Alex Berger et Éric Rochant, qui en est le showrunner.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo