Voici une sélection d'ouvrages de SF et de Fantasy qui, en plus d'offrir des récits de qualité, vous plongeront dans des mondes glacés... pour le moins bienvenus.

34 degrés. 37 degrés. 39 degrés. Il fait chaud, très chaud en ce début d’août 2020. Parmi tous les moyens pour vous rafraîchir, en cette canicule, vous pourriez y rajouter toute la puissance de l’imaginaire, en vous transportant dans des forêts magiques enneigées et sur des planètes à l’hiver éternel.

La magie russe en plein hiver

Traduit par Jacques Collin // Source : Folio SF / Denoel

On ne cessera jamais de vous recommander L’Ours et le Rossignol, qui est tout bonnement l’une des meilleures sagas littéraires de fantasy de ces dix dernières années. Vous y êtes plongés dans un passé russe réinventé, rempli d’esprits malins et de magie. Pour son récit, Katherine Arden s’inspire même de contes russes ancestraux, tant sur les thèmes que sur le style.

En plus de tout le charme de cette plume et du récit — une ode à l’enfance rebelle, au féminisme, à la liberté, L’Ours et le Rossignol est aussi un voyage féerique merveilleux dans une Russie hivernale. L’œuvre étant écrite comme un ancien conte, les images prennent une teinte puissamment réaliste dans l’imaginaire. Vous verrez les paysages enneigés autour de vous. Vous ressentirez le froid vous attaquer par les pieds, les mains et le bout du nez. Le vent frais claquera sur vos joues. Et les vastes environnements, forestiers principalement, sublimeront l’ensemble par leur beauté.

Bienvenue sur la planète Hiver

Traduit par Jean Bailhache // Source : Livre de Poche

La Main gauche de la nuit, d’Ursula Le Guin, est une référence absolue en science-fiction, tant par la plume maîtrisée de l’autrice que par son approche avant-gardiste sur le genre. Ursula Le Guin vous transporte sur Gethen, une planète où les humains sont androgynes et asexués : les différences de genre n’y existent pas, et l’on peut même adopter les spécificités d’un sexe biologique selon les besoins. Un envoyé diplomatique de la Terre va débarquer sur cette planète et y être pour le moins… dépaysé.

L’intégralité de ce récit se déroule sur la planète Gethen, mais celle-ci est baptisée « Hiver » par les premiers humains qui y débarquent. Ce n’est pas rien : il s’agit d’une planète glacée. Évidemment, sous la plume talentueuse d’Ursula Le Guin, le voyage en tant que tel sur cette planète à l’hiver perpétuel est magnifié.

À la croisée des mondes, du livre à la série

Traduit par Jean Hesch // Source : Folio

Dans le célèbre roman jeunesse de Philip Pullman, on suit le voyage de Lyra vers le Grand Nord, pour qu’elle y trouve à la fois des clés sur elle-même et des réponses sur ce qu’est vraiment ce monde — ou plutôt ces mondes. L’oeuvre de Pullman mélange la magie et la science, dans une atmosphère quasi steaming, en offrant par ailleurs une satire des dérives religieuses. Le personnage de Lyra est une jeune fille brillante, elle le sait et ne s’en cache pas, ce qui ne la rend pas toujours très aimable envers les autres, au fil de ses rencontres. Elle est en fait tout aussi attachante qu’énervante, faisant de Lyra tout sauf une caricature.

À la croisée des mondes relève en tout cas d’une formidable odyssée sur le passage de l’enfance à l’adolescence, autant qu’un voyage mémorable rempli d’aurores boréales, de monts enneigés et de gigantesques ours blancs. L’oeuvre peut se lire qu’importe votre âge, tant que vous vous appuyez sur votre capacité à l’émerveillement.

Si vous avez déjà lu la saga littéraire autrefois, vous pourriez peut-être vous laisser tenter par la série, His Dark Materials (OCS/HBO). La structure narrative y est bien différente, notamment sur la chronologie, mais l’univers y est parfaitement respecté en soi, débouchant sur une série excellente. Côté direction artistique, les images du Grand Nord y sont de toute beauté, l’immersion est palpable.

Cérès et Vesta, la lutte des astéroïdes

Traduit par Erwann Perchoc // Source : Le Bélial’

Sous cette chaleur, visualisez une planète faite intégralement, géologiquement parlant, de glace. Il n’y a pas que la fiction pour imaginez ce genre de planètes. Dans sa novella Cérès et Vesta, l’écrivain de science-fiction Greg Egan se place dans le futur : la planète naine Cérès et l’astéroïde Vesta, placés dans la Ceinture entre Mars et Jupiter, ont été colonisés par l’être humain. Les deux colonies doivent échanger. Car chacune possède ce que l’autre n’a pas. Cérès est faite de glace d’eau ; Vesta de roche.

Ces échanges entre les deux astres vont mener à un conflit diplomatique qui a tout d’une métaphore d’enjeux bien actuels sur Terre. Greg Egan, auteur de référence en matière de SF dite hard car rigoureusement scientifique, offre ici un récit moins hard que d’habitude, plus accessible, où l’exploration est davantage humaine.

Crédit photo de la une : HBO/OCS

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo