Vous connaissez Wikipédia, mais certains articles étonnants sont probablement passés sous vos radars. Numerama vous invite à explorer des pans méconnus de l'encyclopédie en ligne.

C’est à la mi-2018 que la version française de Wikipédia a franchi le cap des 2 millions d’articles, avec Xcacau Corona, une formation géologique sur la planète Vénus. Depuis, l’encyclopédie en ligne a accueilli près de 160 000 nouvelles entrées, selon le compteur visible sur la page d’accueil du site. C’est considérable : d’ailleurs, même en lisant un article par heure, il faudrait environ 250 ans pour venir à bout de tout de tous les sujets proposés… en supposant que ce nombre reste figé.

Évidemment, toutes les pages ne bénéficient pas de la même visibilité. En fonction de l’actualité, certaines recherches sont plus nombreuses que d’autres. Ainsi, en octobre 2019, la fréquentation des pages sur l’affaire Dupont de Ligonnès, le film Joker ou encore Halloween a bondi. Et puis il y a toujours des articles qui drainent de l’audience, parce qu’ils traitent de figures historiques célèbres ou de faits majeurs.

wikipedia
Wikimédia

Wikipédia, source insoupçonnée de sujets insolites

Mais Wikipédia ne se résume pas seulement qu’à une collection de sujets encyclopédiques classiques. C’est aussi le lieu de quelques-unes des entrées les plus étonnantes que l’on peut croiser sur le web. Saviez-vous, par exemple, qu’il existe une chronologie du futur lointain dans laquelle l’avenir à très long terme de l’univers est évoqué ? Et quand on dit à très long terme, ce n’est pas une blague.

À une échelle de temps insaisissable pour l’esprit humain (on parle d’un temps qui ne peut s’écrire que sous la forme d’un empilement de puissance : 10^10^10^10^10^1,1) il est fait état de l’échelle de la durée de récurrence de Poincaré pour l’état quantique d’une boîte hypothétique contenant un trou noir d’une masse égale à celle de la totalité de l’Univers, observable ou non, en supposant le modèle inflationnaire chaotique de Linde avec un inflaton d’une masse de 10−6 masse de Planck.

Vous n’avez rien compris ? Alors peut-être que l’article sur l’orientation du papier toilette vous sera plus accessible — peut-être connaissiez-vous d’ailleurs déjà cette page. Toujours dans la thématique des WC, il existe aussi une page sur les morts et blessures aux toilettes. Et comment ne pas parler des toilettes japonaises, justement, les plus high-tech au monde ? C’est d’ailleurs un article de qualité (vraiment) !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est un sujet.

Si vous vous intéressez à la tech, ce dont on ne doute pas si vous fréquentez Numerama, vous connaissez peut-être le RFC 1149 ? Il s’agit du protocole IP over Avian Carriers. En somme, une proposition de méthode de transport du trafic IP par des pigeons voyageurs. Alors, tous ces paquets perdus, c’est à cause de ces pigeons qui envahissent les places et les rues, au lieu de remplir leur rôle ?

Toujours dans la tech, il existe un sport en Finlande qui consiste à lancer des téléphones portables (ce qui est préférable, entre nous, au lancer de nain ou de renard), tout comme il existe une méthode de programmation qui consiste à expliquer ce que l’on a écrit à un canard en plastique. C’est ce qu’on appelle la méthode du canard en plastique. Enfin, Piet est un langage de programmation qui s’écrit avec… des couleurs. Exotique, n’est-ce pas ? Il en existe d’autres dans le même genre.

En matière de jeux vidéo, il y a aussi de quoi s’étonner : Dark Room Sex Game est un jeu vidéo de sexe sans aucun graphisme. Approche audacieuse au regard du thème qui est au cœur du titre. Dans le même genre, il existe un jeu qui se termine extrêmement vite : You Have to Burn the Rope. Quant à Takeshi no Chōsenjō, il est considéré comme le plus dur du monde. En tout cas, l’écran titre affirme qu’il « a été réalisé par quelqu’un qui déteste les jeux vidéo ».

Est-ce que l’on peut utiliser la défense Matrix dans un débat sur Matrix ?. // Source : Matrix

Vous connaissez certainement Matrix et Chewbacca. Le premier est un film de SF réputé, le second un personnage important de Star Wars. Il s’avère que ce sont aussi les noms de défense assez particulière, puisque la première vise à plaider l’idée que le monde réel n’existe pas et que la vérité est ailleurs, tandis que la seconde vise à déverser un flot de paroles qui n’ont pas de rapport avec le débat en cours, de manière à noyer la discussion et déstabiliser son contradicteur.

Parmi les autres articles insolites qui peuvent déclencher un sourire ou tout du moins vous intriguer, citons la page consacrée à l’énigme la plus difficile du monde. Un sujet à ne pas consulter sous un cocotier, car la mort provoquée par une noix de coco existe bien (bien qu’elle soit assez rare). Celle sur la grande inondation de mélasse de Boston vous étonnera peut-être. Elle a été plus dramatique encore que… l’inondation de bière de Londres. D’une certaine façon, la calvitie des chefs d’État russes l’est aussi, dramatique.

Si vous aimez les Monthy Python, vous ne pouvez pas ne pas connaître le lapin tueur. Hé bien l’ancien président Jimmy Carter a en quelque sorte été confronté à un problème de ce type. Heureusement, sans gravité ! Ce qui est grave en revanche, c’est de se permettre de faire des titres interminables : Night of the Day of the Dawn of the Son of the Bride of the Return of the Revenge of the Terror of the Attack of the Evil, Mutant, Alien, Flesh Eating, Hellbound, Zombified Living Dead Part 2 : In Shocking 2-D.

Des listes tout aussi improbables

Mais les articles standards ne sont pas les seuls à être surprenants. Il existe aussi des listes qui méritent le détour. Si vous avez quelque passion pour l’astronomie, sachez qu’il existe une liste d’étoiles hypothétiques, parce que leur existence n’a pas été démontrée ou bien parce que les conditions ne sont pas réunies. Parmi elles, on trouve une certaine étoile noire. Et non, ce n’est pas celle à laquelle vous pensez.

Ce qui n’est pas hypothétique, en revanche, c’est la manière dont certains individus ont trépassé. Wikipédia dispose de plusieurs listes en la matière, mais deux d’entre elles ne sont pas trop navrantes : celle des inventeurs tués par leur invention et celles des personnalités qui sont mortes le jour de leur anniversaire. On n’a pas vu de liste dédiée aux Darwin Awards, en revanche, mais il y a une liste de morts insolites.

Sur un sujet plus joyeux, Wikipédia propose une liste des animaux portant le nom d’une célébrité (même Donald Trump a le sien : Neopalpa donaldtrumpi). On trouve aussi tout un sujet dédié au vocabulaire du capitaine Haddock (et même une liste des noms des personnages de Tintin en langues étrangères, si vous avez envie de vous la raconter en soirée). Vous pourrez compléter cela de quelques onomatopées.

Ceci n’est pas un Neopalpa donaldtrumpi. // Source : Wiki Commons

Plus classiquement, on trouve aussi des listes de toponymes courts et de ceux les plus longs (comme Chargoggagogg­manchauggagogg­chaubunagungamaugg — à vos souhaits). Les journalistes et rédacteurs apprécieront la liste de périphrases désignant des pays (ou de villes ou de langues). Et forcément, comment ne pas évoquer la liste des mots les plus longs en langue française ?

On est tout autant fasciné par la page détaillant les titres pour nommer Kim Jong-il. Il y en a un paquet et ils ne brillent pas par leur modestie : Guide des rayons du soleil, Commandant invaincu à la volonté de fer, ou encore Glorieux général descendu du ciel. Rien que ça. Par contre, la liste et armorial des personnes admises aux Lignages de Bruxelles nous laisse quelque peu de marbre… malgré sa longueur.

Mais celle qui est la mère de toutes les listes, c’est la liste des listes. Une liste pour les gouverner toutes. Une liste pour les trouver. Une liste pour les amener toutes. Et sur Wikipédia les lier, en somme. Et puis si vous n’en avez pas assez, vous avez aussi une rubrique de toutes les pages commençant par… liste. Quant à cette page, elle recense tous les articles contenant le mot liste dans le titre.

On s’amuse aussi en coulisses

Mais parfois, c’est dans l’arrière-boutique que l’on trouve des choses très amusantes à explorer. Bienvenue dans l’espace détente de Wikipédia. D’ailleurs, avouons-le : nous n’avons pas parcouru une par une les 2 millions de pages encyclopédiques en français pour n’en retirer que le meilleur. Non, le travail aurait été harassant. Pour concocter cette liste, nous avons sélectionné les articles que nous connaissions déjà, mais avons aussi profité des contributions de la communauté.

Chaque section de l’espace détente est une petite pépite à elle seule. Il existe une page dédiée aux guerres d’édition les plus futiles (par exemple : doit-on l’appeler Région wallonne ou bien Wallonie ?). Une autre est consacrée aux bêtisiers des contributions, tandis qu’une troisième se concentre sur les bêtisiers des… bots, ces robots configurés pour exécuter des tâches rébarbatives, mais nécessaires.

C’est peut-être le genre de réaction que vous aurez en flânant d’une page à l’autre.

Parce que Wikipédia est une encyclopédie, tout ne peut pas être créé (quoique, quand on voit ce qu’on a croisé en écrivant cet article, le doute peut nous saisir). C’est ce que tient à faire savoir la liste d’idées d’articles vraiment, vraiment, vraiment stupides que vous ne devriez vraiment, vraiment, vraiment pas créer. Par exemple, sur vous-même. Ou le rêve que vous avez fait la nuit dernière. Merci bien.

Il existe aussi une sorte de livre des records. Vous découvrirez quel est l’article au titre en un mot le plus long. Ou la page la plus longue (cela se joue dans un mouchoir de poche). Ou l’article aux titres répétant le plus grand nombre de fois le même mot. On a aussi droit à une page défouloir, où l’on voit des internautes « en avoir gros » (mais vraiment), et une autre sur un mal méconnu, le wikipédiholisme.

L’espace détente propose aussi une sélection de quelques échanges assez savoureux, de résoudre la question du nombre de wikipédiens pour changer une ampoule, de photos insolites qui figurent vraiment sur les pages encyclopédiques, de demandes allant de l’improbable au WTF le plus total, d’une bonne dose d’autodérision et d’une hypothèse pas assez envisagée : et si Wikipédia était un MMORPG ?

Partager sur les réseaux sociaux