Pendant une demi-heure, nous avons pu essayer Sea of Solitude en compagnie de Cornelia Geppert, la développeuse à l'origine du projet.

Annoncé en février 2015 par le studio allemand Jo-Mei Games, Sea of Solitude a été très discret pendant ses quatre années de développement. On savait qu’il mettrait en scène les aventures de Kay, une jeune fille perdue dans un Berlin immergé et rempli de monstres inquiétants, mais pas beaucoup plus. Depuis son apparition à la conférence EA Play en juin 2018, aucune nouvelle information n’avait filtré sur le jeu, si ce n’est sa date de sortie : le 5 juillet 2019 sur PC, PS4 et Xbox One.

C’est finalement en juin 2019 que Sea of Solitude a refait parler de lui avec un événement organisé à Paris et dédié à sa prise en main. Pendant une trentaine de minutes, Numerama a pu tester le jeu en compagnie de Cornelia Geppert, PDG de Jo-Mei Games et développeuse à l’origine du projet.

Un univers solitaire

« Il y a eu une période dans ma vie où je n’allais pas bien du tout. C’est à cette époque que j’ai eu l’idée de Sea of Solitude. » C’est ainsi que Cornelia Geppert commence sa présentation alors que les premières images du jeu défilent à l’écran. Il ne faut pas s’y tromper : si Sea of Solitude est sponsorisé par Electronic Arts, via sa gamme EA Originals, il s’agit bien d’un jeu d’auteur qui met l’accent sur les émotions et s’inspire de la vie de sa créatrice.

Pour raconter l’histoire de Kay, Jo-Mei Games s’appuie beaucoup sur les environnements. // Source : Jo-Mei Games

L’histoire se déroule dans un univers fantastique, mais on comprend dès les premières scènes que les événements et les décors du jeu sont des métaphores du mal-être de Kay. Les deux niveaux que nous avons parcourus utilisent efficacement l’environnement pour traduire l’état psychologique du personnage : le niveau de la mer, la météo, les bâtiments traversés et ainsi de suite. « Rien n’est laissé au hasard dans Sea of Solitude » explique Cornelia. «  On a voulu que chaque élément donne des indices sur l’histoire, sur les raisons de la présence de Kay dans cet endroit. »

D’après ce que l’on a vu, Jo-Mei Games a fait un très bon travail à ce niveau. On ressent pleinement la solitude et la tristesse du personnage principal, même sans chercher à analyser chaque détail. Le tout est renforcé par la magnifique direction artistique du titre qui fait régulièrement penser aux travaux de Miyazaki et aux productions du studio Ghibli.

La direction artistique de Sea of Solitude est à tomber. // Source : Jo-Mei Games

On en vient même à regretter la présence importante de certaines voix-off. Dans les niveaux que nous avons traversés, elles apportaient parfois un plus à l’ambiance mais avaient tendance à trop expliquer ce qui se passait à l’écran. On aurait plutôt voulu que le jeu nous laisse interpréter plus librement ce que l’on voyait.

Aventures et énigmes

Le gameplay de Sea of Solitude rappellerait celui d’un Limbo si ce dernier avait été un jeu à la troisième personne : Kay se déplace dans les niveaux et résout des énigmes pour débloquer certains passages. Difficile de se faire un avis définitif de ce côté là avec seulement 30 minutes de prie en main. On peut déjà affirmer que Kay est un personnage agréable à contrôler, mais notre test nous a seulement permis d’explorer le premier niveau, sous forme de tutoriel, et un autre que nous n’avons pas eu le temps de terminer. Les énigmes nous ont semblé simples (parfois trop), mais ce que nous avons vu n’est peut-être pas représentatif de tout le jeu.

On espère que les énigmes de Sea of Solitude seront à la hauteur, mais on attend surtout beaucoup de son univers. // Source : Jo-Mei Games

Dans tous les cas, les énigmes ne représentent pas l’attrait principal de Sea of Solitude. Si des obstacles ardus seraient appréciables, on a surtout hâte de découvrir le reste de l’univers et les réflexions du jeu sur la solitude et ses conséquences. En trente minutes, Sea of Solitude a réussi à nous intriguer, et c’est déjà beaucoup.

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