Microsoft est venu à Los Angeles avec des Samsung Galaxy S10+ faisant tourner le Project xCloud.

On s’attendait à ce que Microsoft insiste énormément sur Project xCloud durant sa conférence organisée dans le cadre de l’E3 2019. Cela aurait constitué une forme de réponse à Google Stadia, qui sera lancé en novembre en France et apparaît dès lors plus concret que jamais. À vrai dire, la firme de Redmond avance encore avec prudence sur le cloud gaming, davantage vu comme un autre moyen de jouer que comme une solution du futur, remplaçant totalement ce que nous connaissons aujourd’hui.

Au-delà des réserves sur la maturité des technologies (pas seulement celles de Microsoft, qui dépend par exemple des avancées sur la 5G et le très haut débit fixe), il y a une logique commerciale derrière cette stratégie attentiste : il va falloir vendre la console qui succédera à la Xbox One.

Mais toujours est-il que Microsoft a décidé de mettre Project xCloud, dévoilé en octobre 2018, à l’épreuve du public avec des bornes de démonstration permettant de jouer à quatre titres du catalogue de la Xbox One sur des téléphones (des Galaxy S10+ de Samsung en l’occurrence). L’occasion de voir où en sont les infrastructures et ce qu’elles permettent d’atteindre comme qualité — à date.

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xCloud. // Source : Microsoft

Ça tourne

Microsoft n’a pas choisi les quatre porte-étendard de Project xCloud au hasard. Sur bien des points, Halo 5 : Guardians, Gears of War 4, Forza Horizon 4 et Hellblade : Senua’s Sacrifice représentent un défi technique ciblé. On pense notamment au premier cité, un FPS — le seul du lot — qui a la particularité de tourner à un framerate à 60 fps. Sur le flagship de Samsung, la fluidité n’est aucunement sacrifiée. Et on se retrouve avec la même expérience que sur console, simplement sur un écran plus petit (de qualité, dalle AMOLED oblige). On a pu déceler quelques ralentissements çà et là, mais ils sont trop rares pour être rédhibitoires.

Sur Gears of War 4 et Hellblade : Senua’s Sacrifice, deux jeux à la direction artistique diamétralement opposée, on a entraperçu quelques menus soucis de compression (des blocs de pixel). Il faut néanmoins être très observateur et alerte pour les voir — ce qui prouve que la qualité est au rendez-vous. En plus de l’aspect visuel, Project xCloud doit assurer côté latence pour garantir une expérience irréprochable doublée d’un confort intact. Là encore, la technologie de Microsoft s’avère convaincante : même sur un jeu nerveux comme Gears of War 4, on n’a observé aucun retard entre le moment où on appuie sur une touche et l’action qu’elle déclenche à l’écran.

Toujours peu bavard sur la commercialisation de Project xCloud, le business model retenu et les promesses techniques (là où Google annonce du 4K à 60 fps avec la bande passante ad hoc), Microsoft a visiblement conçu une technologie solide. Il faudra maintenant qu’elle fasse ses preuves à grande échelle, c’est-à-dire au mois d’octobre via une bêta publique — un mois avant le lancement de Google Stadia. Simple coïncidence ?

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