Après les attaques prêtées à Steven Spielberg, Netflix a défendu son modèle — sans jamais citer le réalisateur américain.

« Nous adorons le cinéma. » Le tweet publié par le compte officiel de Netflix ce 4 mars 2019 n’a rien d’un hasard. Il arrive à la suite d’une controverse soulevée par le réalisateur Steven Spielberg, qui a décidé de soutenir un projet de règlementation pour que les films de Netflix ne puissent plus être récompensés aux Oscars.

« Voici aussi ce que nous adorons », a continué le tweet de la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD). « Que les gens qui n’ont pas accès à des cinémas dans leur ville, ou n’ont pas les moyens, puissent quand même y avoir accès. Que tout le monde puisse profiter d’un film le même jour de sa sortie. Que les créateurs de films puissent avoir plus de moyens de partager leur art. Ce ne sont pas deux choses incompatibles. »

Twitter/Netflix

Netflix, concurrence déloyale aux Oscars ?

Netflix a empoché trois statuettes lors de la cérémonie des Oscars du 24 février 2019 : meilleur réalisateur pour Alfonso Cuarón, meilleure photographie et meilleur film étranger avec l’incontournable Roma. Mais pour Steven Spielberg, il s’agirait de concurrence déloyale avec les films qui sortent selon le schéma classique à Hollywood.

Selon Indiewire, les détracteurs de Netflix, dont fait partie Spielberg, considèrent que la plateforme a trop de moyens pour faire la promotion de ses films (on parle de 25 millions de dollars dépensés pour Roma), que la sortie en salles de Roma n’était qu’un leurre pour amadouer le jury (le film n’a été diffusé que dans quelques salles, trois semaines avant sa mise en ligne sur Netflix) mais aussi que la multinationale américaine n’est pas tenue de divulguer ses audiences. Il n’est donc pas possible de les comparer aux entrées en salles — même si une telle comparaison serait, de toute manière, très peu pertinente.

Bien que ces arguments soient compréhensibles du point de vue de l’industrie du cinéma, le lien avec l’académie des Oscars est beaucoup plus ténu. Il s’agit au fond, comme pour les débats autour du Festival de Cannes, avant tout de jeux de pouvoir et d’enjeux financiers autour de l’exploitation des films et des retours sur investissements dans une industrie en pleine métamorphose.

Les règles des Oscars sont déterminées autour du mois d’avril.

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