Dernière partie de notre dossier avec cette fois-ci deux titres hautement recommandables, notamment Violet Evergarden qui confirme après Devilman Crybaby que Netflix a de l’ambition pour l’animation japonaise.

Violet Evergarden

Depuis 2009, le studio Kyoto Animation (La Mélancolie de Haruhi Suzumiya) organise un concours pour récompenser un auteur et lui donner l’opportunité d’éditer son roman. Le jury est extrêmement exigeant et décerne au mieux des mentions honorables (comme pour Free ! ou Beyond the Boundary), excepté en 2014 puisque Kana Akatsuki remporta un grand prix pour le premier volume de Violet Evergarden. Cette notoriété a permis à l’œuvre d’avoir un second tome et d’être aujourd’hui adaptée en série animée.

Après une longue période de combats acharnés, la guerre vient enfin de prendre fin. Violet a été gravement blessée et le retour à la vie normale est compliqué pour elle qui n’a connu que les champs de bataille. Elle intègre toutefois une entreprise postale pour devenir une « poupée de souvenirs automatiques ». Son rôle est d’écrire des lettres pour des gens qui ne parviennent pas à le faire eux-mêmes. Mais cela s’avère être compliqué lors que l’on peine à comprendre leurs émotions…

Au vu de la réputation du light novel, dire que Violet Evergarden était attendu relève de l’euphémisme. Netflix a fait un gros coup en proposant en exclusivité la nouvelle série de Kyoto Animation. Force est de constater que la réussite est au rendez-vous. L’animé nous entraîne dans un voyage émotionnel qui va permettre à Violet de comprendre les derniers mots de son mentor. Une déclaration d’amour tellement évidente pour nous, spectateurs, mais qui plonge Violet dans l’inconnu. Ces mots deviennent alors une obsession pour la jeune femme qui part en quête de leur signification.

Les premiers épisodes se concentrent sur l’intégration de Violet à sa nouvelle vie avec les situations cocasses que cela comporte. Puis, elle part sur les routes pour différentes missions où chaque lettre va permettre à Violet de comprendre mieux les émotions humaines. La série n’adapte pas tout à fait littéralement le light novel. La scénariste Reiko Yoshida (déjà à l’œuvre sur le formidable A Silent Voice) a aussi écrit quelques histoires originales, principalement pour alléger l’atmosphère. L’épisode sur les deux tourtereaux qui s’envoient des lettres d’amour semble en complet décalage avec le reste.

Car en effet, préparez-vous à sortir les mouchoirs : Violet Evergarden est un mélodrame romanesque où il est régulièrement question de la perte d’un être cher. La lettre devient une catharsis pour exprimer réellement ses sentiments et un moyen de garder une trace de ceux-ci. À ce titre, les épisodes sur le dramaturge, la mère et le soldat sont d’authentiques chefs-d’œuvre de sensibilité et de mélancolie. Chose étonnante, il s’agit des trois premiers chapitres du roman alors qu’ils sont situés dans la seconde partie de l’animé.

On notera aussi au passage l’impeccable prestation de Yui Ishikawa (Mikasa dans L’Attaque des Titans) dans le rôle de Violet et le fabuleux travail global de Kyoto Animation qui donne régulièrement des allures de long-métrage à la série. À l’heure du tout-connecté, de l’information continue et des messages éphémères, Violet Evergarden apparaît presque hors du temps. L’animé apporte un vent de fraîcheur salutaire, nous ramène à l’essentiel et cela fait un bien fou.

Les 13 épisodes sont disponibles ici.

Les Enfants de la Baleine

Tout comme Fate/Apocrypha ou Gambling School, Les Enfants de la Baleine débarque sur Netflix quelques mois après sa diffusion initiale au Japon. Il s’agit de l’adaptation du manga d’Abi Umeda, disponible en France chez Glénat. L’histoire raconte la vie à bord d’un gigantesque vaisseau, la Baleine de Glaise, sillonnant les mers de sable. Un jour, alors que le jeune Chakuro est envoyé sur une île abandonnée pour quérir des ressources, il fait une étrange rencontre…

Récit d’aventures ensablées, le manga a déjà fait ses preuves auprès des lecteurs. Voir l’adaptation entre les mains de J.C. Staff avait de quoi inquiéter, le studio n’étant pas réputé pour rendre correctement justice au visuel de ses œuvres (Bakuman. par exemple). Or l’animé offre une réelle plus-value par rapport au manga avec sa sublime direction artistique, qui donne l’impression de naviguer dans un livre d’images. Cette dernière est signée Toshiharu Mizutani avec son équipe de Moon Flower. Ce vétéran de l’animation japonaise a œuvré sur Space Adventure Cobra, Akira, ou plus récemment sur Puella Magi Madoka Magica et Yuri ! ! ! on Ice. Un sacré CV.

Évoquant Nausicaä de la vallée du vent pour l’aspect post-apocalyptique de son univers, Les Enfants de la baleine s’affranchit rapidement de l’influence de l’œuvre d’Hayao Miyazaki, dont la mangaka fut l’assistante. L’intrigue se déroule quasi exclusivement sur le vaisseau et raconte la vie d’une communauté qui ignore tout du monde extérieur.

Leur naïveté leur coûtera cher, comme en témoigne un troisième épisode qui surprend par sa violence et sa froideur. Le massacre laissera la nouvelle génération aux manettes de la Baleine de Glaise. Une relève qui refusera alors de regarder en arrière pour mieux voguer vers de nouveaux horizons. L’animé couvre les six premiers tomes (sur onze pour l’instant). Croisons les doigts pour que la suite soit adaptée un jour.

Les 12 épisodes sont disponibles ici.

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