La « Reine du crime » nous a quittés il y a 50 ans déjà, mais ses récits continuent de nous tenir en haleine. La preuve avec Les Sept Cadrans, mini-série adaptée du roman éponyme d’Agatha Christie et attendue dès le 15 janvier 2026 sur Netflix. Mais vaut-elle vraiment le coup d’œil ? Voici notre critique, garantie sans spoilers.

Les Sept Cadrans d’Agatha Christie prend place en 1925. Lors d’une fête somptueuse dans un manoir, loué par le multimillionnaire Sir Oswald Coote, une plaisanterie tourne mortellement mal. Elle implique sept réveils et une mystérieuse société secrète, baptisée Les Sept Cadrans.

Très touchée par cette mort suspecte, la jeune Lady Eileen Brent tente de démêler cette sombre affaire aux multiples ramifications, pour le plus grand embarras du Superintendant Battle, dépêché par Scotland Yard. Bref, sur le papier, la nouvelle mini-série Netflix, mise en ligne ce 15 janvier, ressemble au cosy mystery parfait de l’hiver 2026. Mais devez-vous vraiment plonger dans cette enquête aux multiples twists ? Voici notre avis, sans spoilers.

Un beau casting so british

Tout d’abord, Chris Chibnall (Broadchurch, Doctor Who), le créateur de cette adaptation du roman Les Sept Cadrans, écrit par Agatha Christie en 1929, s’est entouré d’un très joli casting anglais pour rendre justice à ce murder mystery fort bien troussé.

Dans le rôle de la débrouillarde et très perspicace Lady Eileen Brent, surnommé « Bundle » par ses proches, on retrouve avec plaisir l’actrice Mia McKenna-Bruce, révélée en 2023 par le film How to Have Sex de Molly Manning Walker. Sa bouille enfantine et son aura pétillante siéent à merveille au rôle de Bundle. Cette jeune femme fraîchement sortie de l’adolescence ne sait pas encore complètement qui elle est. L’enquête dans laquelle elle se retrouve détective va alors justement l’aider à se découvrir et à cimenter ses valeurs.

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Mia McKenna-Bruce face à un mystère de taille : qui utilise encore des réveils matin ? // Source : Netflix

La comédienne donne ici la réplique à deux grands noms du divertissement à l’anglaise : Helena Bonham Carter (Harry Potter, The Crown), qui incarne sa mère, Lady Caterham, une femme vivant isolée du monde après la mort de son mari, quelques années plus tôt ; et Martin Freeman, qui endosse le costume du Superintendant Battle, nouant une relation particulière avec Bundle au passage et devenant une sorte de mentor réticent pour elle.

L’acteur anglais, qui a déjà marqué les esprits dans une autre adaptation d’un classique so british, l’excellente série contemporaine Sherlock, est comme un poisson dans l’eau dans cet univers aristocratique du début du 20ᵉ siècle. D’autres personnages secondaires, tout aussi bien campés par Edward Bluemel, Nabhaan Rizwan ou Ella-Rae Smith, achèvent de composer un casting solide, où chacun a son moment pour briller.     

Une adaptation classique, mais efficace

Composée de trois petits épisodes, cette nouvelle itération des Sept Cadrans vient donc rappeler le savoir-faire des Anglais en matière de murder mystery. La réalisation, confiée à Chris Sweeney, demeure classique, mais accompagne bien une série qui repose davantage sur ses personnages et la mécanique des indices à décrypter, jusqu’à la résolution finale. Quelques scènes en décors extérieurs, notamment à Rondo en Espagne, offrent d’ailleurs une respiration bienvenue, hors du manoir aristocrate.

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Bellatrix Lestrange est dans la place : tous aux abris ! // Source : Netflix

Fidèle au matériau d’origine, la série possède toutefois un rythme plus lent que les productions actuelles, qui pourrait désarçonner certains abonnés Netflix, habitués à des rebondissements toutes les dix minutes. Si l’on compare ce cosy mystery (à traduire par des « enquêtes douillettes », que l’on suit au coin du feu, un bon chocolat fumant entre les mains) à des œuvres similaires plus récentes, comme la franchise À couteaux tirés ou la très drôle Only Murders in the building, force est de constater que la série Les Sept Cadrans possède un style plus old school.

Si l’on comprend pourquoi Chris Chibnall n’a pas tenté de transposer l’intrigue à une époque plus proche de la nôtre (celle-ci est très liée à ce moment spécifique de l’entre-deux-guerres, en Europe), cette adaptation académique a tendance à s’oublier aussi vite qu’elle a été binge-watchée.

Le spectre de la Première Guerre mondiale 

La série a cependant modifié un détail important : les origines de l’ingénieur, dont la dernière invention se trouve au cœur de toute cette affaire. Allemand dans le roman, le protagoniste s’appelle Dr. Cyril Matip (Nyasha Hatendi)  dans la série. Issu d’une famille de notables camerounais, il a étudié en Allemagne, avant que la Première Guerre mondiale n’éclate.

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Le Docteur Watson se serait-il trompé de série ? // Source : Netflix

Comme de nombreux pays africains, le Cameroun s’est retrouvé pris en étau entre les Allemands, les Français et les Anglais, tandis que ses habitants ont dû combattre au nom de leurs anciens colons. Ce personnage permet de pointer du doigt la mainmise des pays européens sur les pays qu’ils ont colonisés. Il éclaire d’un autre jour le thème principal des Sept Cadrans : le traumatisme de la Première Guerre mondiale. 

Les motifs du coupable ont donc à voir avec le coût émotionnel des guerres : les familles brisées, les conflits de loyauté, le patriotisme exacerbé par les dirigeants bien à l’abri des conflits, dans le seul but de créer de la chair à canon… L’intrigue des Sept Cadrans a beau se dérouler il y a 100 ans, elle résonne avec notre époque et l’ombre d’une troisième guerre mondiale, qui plane au-dessus de nous. C’est peut-être pour cette raison que la série possède d’ailleurs un ton plus sombre que le roman.

La science du twist

Agatha Christie n’était pas surnommée la « Reine du crime » pour rien. Si la série prend son temps pour déployer une enquête faite d’indices, de fausses pistes et de quelques situations comiques, sa résolution inattendue n’en est que plus savoureuse. Elle privilégie la qualité des rebondissements à la quantité.

Le premier épisode pose ainsi trois meurtres en énigmes, tandis que le dernier possède trois twists qui régaleront les fans de whodunnit (des récits policiers qui reposent sur la recherche de l’identité du coupable), n’ayant pas encore lu Les Sept Cadrans. On regrette seulement que le ton de la série s’avère plus premier degré que le roman, qui versait davantage dans la parodie.

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Voici le vrai mystère des Sept Cadrans : Bundle va-t-elle relancer la mode du chapeau cloche ? // Source : Netflix

Écrit au début de la carrière d’Agatha Christie, celui-ci forme une sorte de diptyque avec Le Secret de Chimneys (1925), les deux enquêtes étant indépendantes, mais possédant plusieurs personnages en commun, dont le Superintendant Battle ainsi que Bundle.

Si la mini-série Les Sept Cadrans trouve son public, il y a donc fort à parier que ce ne soit pas la dernière fois qu’Agatha Christie s’invite sur Netflix. Vous reprendrez bien une nouvelle gorgée de mystère ?

Le verdict

Les Sept Cadrans d'Agatha Christie // Source : Netflix
7/10

Les Sept Cadrans d’Agatha Christie

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Avec Les Sept Cadrans, Netflix adapte un roman moins connu d’Agatha Christie en une mini-série de trois épisodes, aussi feutrée qu’efficace. Portée par un casting britannique solide, notamment composé de Mia McKenna-Bruce, d’Helena Bonham Carter et de Martin Freeman, la série déploie un murder mystery classique, qui prend le temps d’installer ses personnages et ses indices.

Sans chercher à moderniser l’intrigue, elle introduit des variations bienvenues, autour des traumatismes de la Première Guerre mondiale et du passé colonial européen. Si son rythme old school peut surprendre les sériephiles habitués aux séries plus nerveuses, Les Sept Cadrans séduit tout de même par son atmosphère cosy, son élégance et une résolution finale riche en twists. Une adaptation idéale à binge-watcher au coin du feu.


Comparatif svod // Source : Montage Numerama
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