Neuf nominations, six trophées. Baldur’s Gate III a survolé les Game Awards, loin devant son principal rival, Alan Wake 2. Il est aussi l’un des jeux les plus récompensés de l’histoire des « oscars » du jeu vidéo. Un succès massif, et loin d’être usurpé, malgré la qualité de ses challengers.

« Quelle soirée. Merci à tous ceux qui ont voté durant les Game Awards. » C’est par un message d’une étonnante banalité que Baldur’s Gate III a commenté le résultat des « oscars » du jeu vidéo, dont la cérémonie s’est tenue dans la nuit du 7 au 8 décembre. Un commentaire lapidaire, qui ne permet pas de prendre la mesure du succès remporté par le jeu de Larian Studios.

Une image accompagnant le tweet contrebalance toutefois la brièveté de cette réaction, en donnant une petite idée du palmarès remporté par le jeu de rôle : six trophées récupérés, dont le plus prestigieux : celui du jeu de l’année — le fameux GOTY (Game of the Year). C’est en réalité sur le compte du studio que la satisfaction s’est davantage exprimée.

Larian Studios Game Awards
La réaction du compte officiel sur Twitter. // Source : Capture d’écran

Une joie à la hauteur de la soirée : s’il serait sans doute excessif de parler de sacre absolu, en raison de quelques récompenses manquées, Baldur’s Gate III a presque tout raflé. Sur les neuf catégories dans lesquelles le RPG concourait, six lui sont revenus. Parmi eux, le jeu de l’année, bien sûr, mais aussi le meilleur RPG et le vote du public.

Baldur’s Gate III a également décroché des prix de moins importance, mais qui lui permettent d’augmenter sa marque : meilleure performance d’acteur, meilleur jeu multijoueur et meilleur lien avec sa communauté. De fait, le RPG de Larian Studios signe l’un des plus beaux succès de l’histoire des Game Awards. Seul un titre a fait mieux : The Last of Us Part II, avec sept titres.

Le jeu de rôle aura toutefois trébuché à trois reprises, puisqu’il était également en course dans trois autres catégories : celle de la meilleure musique (Final Fantaxy XVI a eu le trophée), mais aussi la meilleure narration et la meilleure réalisation (Alan Wake 2). Pour un RPG, le loupé concernant les deux dernières catégories restera probablement le principal regret de cette soirée.

Immense favori, Baldur’s Gate III a été très largement récompensé

On savait déjà avant la présentation des résultats que Baldur’s Gate III faisait partie des grands favoris, avec Alan Wake 2 (huit nominations), Marvel’s Spider-Man 2 (sept) et The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom (six). Sorti au cœur de l’été, il avait reçu immédiatement un excellent accueil critique et populaire. Rares, en effet, étaient les notes à descendre sous les 10/10.

Le test de Baldur’s Gate III par Numerama témoigne aussi de cette très vive empreinte laissée par le jeu de rôle. Une marque qui s’est traduite en conclusion par la note maximale — 10/10. Nous avions loué sa vaste durée de vie, sa profondeur narrative, mais aussi l’incarnation admirable des personnages secondaires, très bien écrits et interprétés.

On l’avait qualifié de nouveau mètre-étalon du JDR vidéoludique. Les Game Awards valident cette lecture. On imaginait mal un autre titre remporter le trophée du meilleur RPG. Face à lui ? Sea of Stars, Final Fantasy XVI, Starfield ou encore Lies of P. D’excellents jeux, à n’en point douter, qui auraient aussi mérité la victoire, mais qui ont eu le malheur de sortir la « mauvaise » année.

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Le groupe vit mal. // Source : Larian Studios

Finalement, le seul réel challenger de BG3 a été Alan Wake 2. Une nomination de moins, mais quand même trois victoires dans trois catégories remarquables : la direction artistique, la narration et la réalisation. Ici, BG3 est apparu plus léger et moins inspiré qu’un Alan Wake 2. Il faut y avoir joué pour le comprendre — lui aussi s’en tire avec un 10/10.

Les autres jeux sélectionnés pour le GOTY avaient aussi des arguments pour l’emporter en 2023. Alan Wake 2 pour son écriture et sa narration. The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom pour son originalité et sa créativité, Resident Evil 4 pour sa réussite et son ambiance, Marvel’s Spider-Man 2 pour sa liberté et sa beauté, ou bien Super Mario Bros. Wonder, parce que Mario.

Tous ont d’indéniables qualités, tous ont leurs (petits) défauts. Baldur’s Gate III n’y échappe pas, évidemment : pas de doublage en français, des kilomètres de texte à lire, une ergonomie ardue pour qui ne connaît pas les RPG, une caméra 3D parfois récalcitrante, des ressources en nombre à organiser, des combats qui peuvent durer et qui s’achèvent parfois sévèrement…

Construire sa propre histoire dans Baldur’s Gate III

Il n’empêche : cela reste de petits tracas surmontables. Surtout, il faut souligner le tour de force de Larian Studios d’avoir adapté en jeu vidéo le jeu de rôle sur papier, avec toutes ses spécificités. En particulier, celle de l’incertitude sur ce qui va se passer, puisque tout dépendra du jet de dé que vous lancerez, du choix du dialogue que vous ferez, du compagnon que vous choisirez…

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Visuellement, Baldur’s Gate n’a pas à rougir de ce qu’il propose. // Source : Larian Studios

Et c’est justement là, sans doute, l’immense atout de Baldur’s Gate III, qui justifie à la fois son succès dans la catégorie RPG et du jeu de l’année. La production de Larian Studios offre un nombre extravagant de chemins narratifs, qui rendent pour ainsi dire chaque partie unique en son genre. Une personnalisation de l’aventure rare dans le jeu vidéo, où le chemin est plutôt balisé.

Bien sûr, les autres jeux nommés dans la catégorie du jeu de l’année ont aussi une re-jouabilité certaine. Mais elle n’atteint pas le degré de ce que propose le RPG de Larian Studios, qui peut ouvrir un nouvel embranchement scénaristique sur la base des actions du joueur et de la joueuse. En somme, il n’y a pas un, mais des Baldur’s Gate III. Et c’est bien là ce que l’on demande, au fond, à un jeu vidéo : pouvoir y jouer encore et encore, en nous émerveillant toujours.


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