Si Street Fighter 6 séduit les amatrices et amateurs de jeux de combat grâce à son gameplay ciselé et consistant, un point laisse sans voix : la direction artistique, tout simplement ignoble.

Vous cherchez un test complet de Street Fighter 6, nouvel opus de la saga culte de Capcom ? Passez votre chemin. Je ne suis pas suffisamment expert pour juger avec légitimité des qualités de son gameplay, qui a l’air de mettre tout le monde d’accord (92 sur 100 sur Metacritic). Il y a en revanche un point qui me paraît étrange : si intéressant soit-il sur le fond, Street Fighter 6 se trimbale une direction artistique hideuse, qui ne donne pas du tout envie au néophyte que je suis. Un paradoxe, quand on sait que Capcom souhaite en faire un épisode bien plus grand public, en témoigne l’intégration d’un mode histoire et d’un schéma de contrôle simplifié.

De tout temps, et plus particulièrement depuis le passage à la 3D, Street Fighter n’a jamais été connu pour ses vertus artistiques. Capcom s’est davantage attaché à transposer un univers qui ne se prend pas vraiment au sérieux. La beauté pure n’est pas son principal argument, et ce n’est pas ce que recherchent les fans ne jurant que par son gameplay ciselé. Il y a des limites à cette philosophie, qui délaisse la forme. D’un point de vue purement graphique, Street Fighter 6 n’a rien d’attirant. Pire, il constitue à mes yeux un obstacle et un moyen de se sentir, une fois encore, sur la touche.

Street Fighter 6 // Source : Capture PS5
C’est pas la Fashion Week, mais la Fashion Weak // Source : Capture PS5

Visuellement, Street Fighter 6, c’est… compliqué

Quand on joue à Street Fighter 6, on a l’impression d’entrer dans un magasin Desigual. Rien n’est cohérent et on a de cesse de croiser des protagonistes habillés n’importe comment. On peut lui reconnaître son appétence pour une ambiance street, mais on dirait un peu trop l’œuvre d’un graffeur au talent discutable, une bouillie colorée de mauvais goût. En prime, Capcom n’a pas eu la main très légère sur les proportions. Street Fighter adore ses personnages aux formes alambiquées (les célèbres cuisses — immenses — de Chun-Li). Le studio a semble-t-il poussé tous les curseurs à fond, avec un casting qui s’apparente à une foire de caricatures. Même Midjourney ferait mieux.

Street Fighter 6 // Source : Capture PS5
Même le lion a mal aux yeux // Source : Capture PS5

Oui, il y a un parti pris, et il perpétue une forme d’héritage. Mais j’ai tellement pleuré de sang en jouant à Street Fighter 6 que j’ai eu envie ranger la manette, en dépit de ses qualités. La comparaison avec Diablo IV et Spider-Man: Across the Spider-Verse, qui sortent à la même période, est douloureuse. D’un côté, on a deux directions artistiques généreuses, mais maîtrisées. De l’autre, une proposition qui vire à l’absurde. Les fans passeront outre cette apparence (ils en ont l’habitude), mais cela reste un point d’entrée compliqué à digérer pour les autres.

Street Fighter 6 // Source : Capture PS5
La version Wish de Hulk // Source : Capture PS5

Heureusement que Street Fighter 6 se rattrape sur ses animations d’orfèvre. Les personnages sont peut-être grotesques, mais ils bougent diablement bien. Pour un jeu de combat qui mise d’abord sur la technicité pour convaincre, proposer un tel niveau de précision constitue un sacré argument.

Sur ce point, on ressent tout le pedigree d’une licence née en 1987, avec des développeurs qui maîtrisent parfaitement leur sujet et savent y faire pour ne pas perdre leur public. Sur le terrain du gameplay, Street Fighter 6 est bâti pour s’offrir de belles années dans l’eSport ou lors de joutes en ligne moins officielles. On ne se fait aucun souci pour l’avenir de Street Fighter 6, qui est en prime bien mieux né que son prédécesseur en termes de contenu.

Street Fighter 6 // Source : Capture PS5
Mais Ken, il t’es arrivé quoi frère ? // Source : Capture PS5

Street Fighter 6 aurait pu me raccrocher avec son mode solo, sauf qu’il souffle le chaud et le froid. Il est effectivement pensé pour se plonger, en douceur, dans l’univers des combats de rue. Il est d’ailleurs très malin dans sa façon d’intégrer, pas à pas, les différents styles des combattants. Pour faire simple, on incarne un personnage créé de toutes pièces, qui pourra devenir l’élève des vrais héros de Street Fighter 6. L’occasion pour lui, surtout pour la joueuse et le joueur, de s’approprier leur palette de coups avant d’affronter de vrais gens.

Bref, il s’agit d’un tutoriel, sans le côté austère des entraînements. Toutefois, on finit par être enfermé dans une structure très scolaire, matérialisée par de petits environnements ouverts vides, des objectifs répétitifs et quelques tâches ingrates (on en a marre de se faire attaquer par n’importe qui). C’est profondément démotivant, sachant que les puristes n’y mettront probablement pas un orteil.

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