La France tente d’attirer les meilleurs champions de l’esport. Son astuce ? Proposer un passeport talent aux as de la manette ou du clavier. Une annonce qui survient alors que l’Hexagone accueillera de grands rendez-vous dans le jeu vidéo compétitif.

Vous enchaînez les 360° no scope sur n’importe quel FPS ? Vous êtes capable de clutch au bon moment ? Vous ne tiltez pas en cas de choke ? Vous avez compris chacun des termes précédents ? Si c’est le cas, vous connaissez le monde du jeu vidéo. Et si vous vous retrouvez dans cette description, vous êtes plutôt bon. Sacrément bon, même.

Si vous vivez à l’étranger et que vous désirez résider en France, votre talent dans les jeux vidéo va désormais vous faciliter l’obtention d’une carte de séjour dans l’Hexagone. C’est ce qu’a annoncé le 16 janvier Jean-Noël Barrot, le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications, dans un message sur Twitter.

« La France dispose de tous les atouts pour être un grand pays de l’esport. Pour aller plus loin, nous ouvrons le recours au passeport talent pour les esportifs de haut niveau », a-t-il écrit. Ce dispositif administratif s’inscrit dans un plan plus vaste voulu par le gouvernement pour lever « les freins au développement économique du secteur [de l’esport] » et accroître l’attractivité française.

Les pros de l’esport seront éligibles au « passeport talent »

Le passeport est un mécanisme déjà existant qui sert à « simplifier l’installation des étrangers salariés ou non-salariés qui veulent contribuer à l’attractivité économique de la France », explique le site France-Visas. C’est ce genre de mécanisme que l’on a vu à l’œuvre pour attirer des talents dans la tech à partir de 2017, mais aussi dans le secteur climatique et environnemental.

Ce passeport s’avère être une carte de séjour pluriannuelle. Son propriétaire a droit à un titre de séjour de quatre ans à son arrivée en France, à condition d’avoir un contrat de travail ou une durée d’installation supérieure à trois mois — et aussi de satisfaire les critères d’admissibilité dont les contours n’ont pas encore été précisés. Contacté, le ministère de la Culture ne nous a pas encore répondu.

Bientôt des combats sur smartphone ?  // Source : Youtube/League of Legends
Vous êtes un crack étranger à LoL ? C’est peut-être votre passerport pour vivre en France. Littéralement. // Source : Youtube/League of Legends

La mise en place de ce dispositif arrive à un moment où la France doit justement être le pays d’accueil de deux grands évènements dans le secteur du jeu vidéo compétitif : il y a le Blast Major en mai 2023, qui se jouera sur Counter-Strike: Global Offensive (un jeu de tir avec une vue à la première personne), puis les Trackmania Games en 2024, sur Trackmania (un jeu de course automobile fantaisiste).

Par ailleurs, il est prévu d’organiser la Olympic Esports Week fin 2024 — soit la même année que les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris. Cet évènement, dont la première édition doit avoir lieu à Singapour fin juin 2023, doit servir à « présenter le meilleur des sports virtuels — hybride, physique et simulé — au cours de ce festival de quatre jours », annonce le CIO.

Outre des compétitions (il est question de la première finale en direct des Séries olympiques d’esports), l’Olympic Esports Week doit aussi accueillir des débats d’experts, des panels de discussion, des sessions d’éducation et un panorama des dernières technologies, selon le Comité International Olympique. Ici, les jeux sont autour du sport.


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