Parmi les 143 personnalités qui viennent de bénéficier d'une grâce présidentielle, un nom ne sera pas étranger aux personnes qui suivent l'actualité technologique : en effet, Donald Trump a accordé un pardon à Anthony Levandowski, l'ingénieur au cœur du scandale de la voiture autonome entre Google et Uber.

L’hypothèse circulait depuis des jours : quelques heures avant son départ de la Maison-Blanche, Donald Trump profiterait une dernière fois de ses prérogatives de président pour gracier ses fidèles ayant eu des démêlés avec la justice, ou susceptibles d’en avoir, ainsi qu’un certain nombre d’individus dont les cas lui auront été remontés. Tout un business a d’ailleurs été monté, qui n’a rien à envier à la mafia.

Et cela n’a pas manqué. Le 20 janvier 2021, dernier jour du mandat du président sortant, une liste de 143 personnes a été publiée sur le site de la Maison-Blanche. La plus connue est sans doute Steve Bannon, l’ancienne éminence grise de Donald Trump. On trouve aussi le rappeur Lil Wayne. Absents notables : Julian Assange, Edward Snowden ou la famille Trump — mais le mandat du président n’est pas encore fini.

Donald Trump gracie Anthony Levandowski

Pour qui suit l’actualité technologique, il y a toutefois un nom qui retient l’attention : Anthony Levandowski. Il s’agit d’un ingénieur américain qui s’est retrouvé au coeur d’un procès remarqué entre Uber et Google au sujet de la voiture autonome. L’intéressé a été accusé et poursuivi pour avoir dérobé la propriété intellectuelle de Google au profit d’Uber, lorsque celui-ci est passé d’une entreprise à l’autre.

Dans le descriptif qui accompagne l’annonce de la grâce présidentielle, l’intéressé est décrit comme un entrepreneur « qui a conduit les efforts de Google pour créer une technologie de conduite autonome ». Soulignant qu’Anthony Levandowski « a plaidé coupable à une seule accusation pénale découlant d’un litige civil », la Maison-Blanche pointe aussi le soutien qu’il a reçu et sa nouvelle conduite.

Anthony Levandowki // Source : Wikimedia Commons

En effet, parmi les personnes qui ont plaidé en faveur de cet ingénieur figurent Palmer Luckey et Peter Thiel.

Le premier est le fondateur d’Oculus Rift, le casque de réalité virtuelle dont s’est emparé Facebook, et qui aujourd’hui s’est reconverti dans le business de la sécurité privée avec des drones de surveillance pour détecter les passages illégaux à la frontière. Il a été révélé que Palmer Luckey avait par ailleurs financé un groupe pro-Trump qui s’était chargé d’attaquer Hillary Clinton, y compris par des campagnes de harcèlement.

Le second est célèbre pour avoir fondé PayPal, mais aussi pour être une figure tout aussi controversée de la Silicon Valley, du fait de sa proximité avec Donald Trump mais aussi pour ses lucratives affaires dans le segment de la surveillance. En effet, Peter Thiel a fondé Palantir Technologies, une société spécialisée dans l’analyse et le traitement de données en masse, ce qui intéresse les autorités.

Dans son communiqué, la Maison-Blanche ajoute que « le juge qui lui a infligé la peine l’a notamment qualifié de ‘brillant ingénieur révolutionnaire dont notre pays a besoin’. M. Levandowski a payé un prix important pour ses actions et prévoit de consacrer ses talents à l’avancement du bien public ». L’intéressé avait plaidé coupable sur le chef d’accusation de vol de secrets commerciaux.

Début août 2020, il avait été condamné à 18 mois de prison — quelques mois auparavant, dans une affaire parallèle, un tribunal l’avait condamné à dédommager Google à hauteur de 179 millions de dollars. Les 32 autres charges contre lui ont été abandonnées. Il a aussi été condamné à payer une amende de 95 000 dollars et de dédommager Waymo à hauteur de 756 499,22 dollars. Entretemps, Uber et Google ont fait la paix.

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