Uber applique désormais en France son système de bannissement d'utilisateurs, si leur note de passager est trop basse, comme l'a révélé Libération.

Si votre note de passager est trop basse, Uber vous refusera l’accès à son application. Cette méthode, qui était déjà en place aux États-Unis depuis six mois, a été importée en France depuis le mois de décembre 2019, a confirmé Uber auprès de Libération, qui a révélé l’information en premier ce 23 janvier 2020.

« Si la note moyenne d’un client descend plusieurs fois en dessous d’un certain seuil, celui-ci recevra des alertes avant d’être potentiellement suspendu temporairement, puis, définitivement si le cas se reproduisait », a indiqué la plateforme de mise en relation entre clients et VTC (véhicule de transport avec chauffeur).

« Votre part de pizza peut attendre »

Pour rappel, vous pouvez désormais connaître votre note en un seul clic, en allant sur le menu en haut à gauche de l’application. Elle s’affiche au-dessous de votre nom d’utilisateur.

Lorsque l’on clique dessus, un texte explicatif donne également quelques précisions sur ce qui est considéré comme un bon comportement de passager (« Les infimes détails à vos yeux peuvent être très importants pour votre chauffeur »). Dans un billet de blog publié en mai 2019, Kate Parker, cheffe de la « sécurité des marques » chez Uber avait également donné quelques indications sur les critères souvent pris en compte dans l’abaissement d’une note.

Voici ce qui est mis en avant :

  • La politesse (« un comportement poli est encouragé ») (« une attitude positive et une utilisation respectueuse de la voiture sont essentielles », lit-on également dans l’app)
  • La propreté (« évitez de laisser des détritus dans la voiture »)
  • Ne pas faire attendre votre chauffeur (« les chauffeurs apprécient lorsque les passagers sont prêts à partir quand ils arrivent au lieu de prise en charge »)
  • Le respect du code de la route (« évitez de demander aux chauffeurs de dépasser les limites de vitesse »)
  • Mettre sa ceinture obligatoirement  («  Les chauffeurs doivent s’assurer que tous les passagers à bord de leur voiture sont en sécurité (…) chaque passager doit mettre sa ceinture de sécurité »)
  • Ne pas manger dans la voiture (« votre part de pizza peut attendre », lit-on dans l’application)
  • Ne pas claquer la porte de la voiture en sortant («  il se peut que vous claquiez accidentellement la porte sans y prêter attention  »)
Capture d’écran de l’interface de l’app Uber

En-dessous de quelle note Uber peut-il bloquer mon compte ?

Il convient de noter qu’Uber précise qu’il ne s’agit pas d’un blocage automatique dès que la note du passager ou de la passagère descend sous un seuil fixé, mais d’une décision prise après plusieurs courses : « Les passagers auront plusieurs fois l’opportunité d’améliorer leur note avant qu’on leur retire l’accès à l’application. »

Les informations restent pourtant majoritairement floues.

Uber ne communique pas officiellement sur son barème : le seuil critique en-dessous duquel il ne faut pas tomber n’est donc pas connu — alors que les notes peuvent varier de 1 à 5. Tout juste l’entreprise mentionnait-elle, dans son billet de blog de 2019, que le seuil peut « varier en fonction des villes ». On sait également, grâce à l’entreprise, qu’il s’agirait d’une moyenne sur les 500 dernières courses, ce qui est un nombre assez important — mais qui sera donc techniquement difficile à faire remonter une fois que l’on est « en-dessous » de la limite.

Capture de l’app Uber

Les conducteurs de VTC qui travaillent avec Uber sont soumis au même système opaque. Jusqu’à décembre 2019, ils étaient d’ailleurs les seuls à pouvoir voir leur compte suspendu — Uber vante d’ailleurs cette nouvelle réciprocité, voulue par les conducteurs qui ont «  fait part de leur souhait de plus d’équilibre de traitement entre passagers et chauffeurs. La notation fonctionne sur la réciprocité, nous avons donc mis en place ce système équivalent pour les passagers. »

Contacté, Uber nous a renvoyé vers cette dernière déclaration.

S’il n’y a pas de seuil officiel sous lequel un conducteur peut voir son accès révoqué, on voit souvent revenir des moyennes entre 4,4 et 4,6 sur 5, au-dessous desquelles le conducteur risque de perdre son droit à opérer avec la plateforme.

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