La Commission d’enrichissement de la langue française diffuse une nouvelle liste de mots traduits qu'il convient d'employer à la place de « hackerspace », « adblocker » ou encore « barcamp ».

Du fait de la domination des États-Unis sur le numérique, de nombreux termes qui lui font référence sont anglophones et s’imposent de fait dans le langage courant. Votre vocabulaire est ainsi façonné par cette influence : vous parlez de « mail » plutôt que de « courriel » ou bien de « podcasting » pour « diffusion pour baladeur ». Et les exemples pourraient être multipliés.

Malgré ce raz-de-marée terminologique, il y a un bastion qui résiste encore et toujours à l’envahisseur : c’est la Commission d’enrichissement de la langue française. Avec la plus grande des patiences, l’institution s’emploie à proposer des traductions de tous les termes étrangers qui s’invitent dans la langue, armée de l’article 2 de la Constitution et de la loi Toubon sur l’emploi du français.

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La Commission s’efforce de proposer des alternatives en français des mots étrangers qui s’invitent dans la langue. // Source : William Chevillon

Une dizaine de termes traduits

Derniers exemples en date : les termes « adblocker », « hackathon », « hackerspace », « barcamp » ou encore « user experience » ont désormais une traduction officielle. Le 16 novembre, une nouvelle liste d’une dizaine de termes (ainsi que leurs équivalents) a été publiée au Journal officiel avec les traductions qu’il convient d’utiliser — en particulier dans les administrations.

Comme toujours, les choix terminologiques de la Commission d’enrichissement de la langue française sont diversement appréciés. Si des traductions comme « expérience utilisateur » (pour « user experience ») et « bloqueur de publicités » (pour « adblocker ») ne devraient pas susciter d’intenses discussions, d’autres propositions pourraient faire réagir des internautes.

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Des bidouilleurs en train de bidouiller. // Source : Brian Boucheron

Ainsi, le « hackerspace » est désormais désigné par l’expression « d’atelier numérique ouvert », tandis que le « hackathon » est lui traduit en « marathon de programmation ». La Commission note pourtant que dans le cas du second terme, il existe déjà une traduction officieuse qui est parfois employée, « programmathon », qui ressemble fortement au terme anglais. Mais cela nécessite d’approuver un néologisme.

La traduction de certains termes permet également de fournir une définition officielle. Le « barcamp », une « conférence informelle » en français, est une « rencontre proposant, sur un sujet donné, un ou plusieurs ateliers ouverts à toute personne souhaitant y contribuer activement, pour aboutir à des conclusions collectives ». Ce type d’évènement peut aussi être appelé « unconference ».

Plusieurs autres mots bénéficient d’une traduction : « data center » (centre de données), « speech-to-text » ou « voice typing » (traduction automatique de la parole), « text-to-speech » (synthèse vocale de texte) et « versioning » (gestion de versions). Toutes les définitions peuvent être retrouvées au Journal officiel, tout comme les alternatives (« hackerspace » se dit aussi « hacklab » ou « hackspace »).

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