Certaines îles pourraient s'avérer être de parfaits refuges pour protéger l'humanité de l'extinction, en cas de pandémie mondiale. C'est en tout cas la théorie imaginée par deux chercheurs, dans une étude où ils proposent un classement des États insulaires les plus propices.

Il a rarement été autant question de fin du monde, que ce soit dans la pop culture ou dans les mouvements collapsologues. Si un scénario apocalyptique survient, comment y faire face au mieux ? Par exemple, en cas de pandémie mondiale façon 12 Monkeys, où se réfugier ? Une équipe de chercheurs de l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande) s’est penchée sur cette dernière question. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Risk Analysis, fin septembre 2019.

« Nous suggérons qu’il est utile de classer les nations insulaires comme refuges potentiels, pour assurer la survie humaine au long terme en cas de catastrophe pandémique (ou toute autre menace existentielle pertinente) », expliquent les chercheurs. En précisant qu’évidemment aucune apocalypse n’est imminente, ils affirment que le risque d’une pandémie augmente en même temps que le progrès biotechnologique. Il faudrait donc s’y préparer.

Les chercheurs estiment que le pire scénario, contre lequel se prémunir, serait une pandémie causée par l’ingénierie génétique. // Source : Pixabay

Selon eux, le pire scénario serait effectivement l’émergence de plusieurs organismes viraux générés par l’ingénierie génétique, et libérés en même temps sur la surface du globe. Considérer qu’une telle catastrophe puisse advenir peut paraître aussi anxiogène qu’improbable, mais selon le docteur en santé publique Nick Wilson, co-auteur de l’étude, il s’agit simplement d’une police d’assurance. «  On espère ne jamais avoir à y recourir, mais si un désastre frappe, alors la stratégie doit pouvoir être en place à temps ».

L’Australie et la Nouvelle-Zélande en haut de la liste

Nick Wilson précise qu’une maladie peut facilement contourner les frontières terrestres, là où les îles closes et autosuffisantes peuvent en être facilement préservées. Il élimine d’office les plus petites, car les « refuges » doivent être suffisamment peuplés et bien avancés technologiquement afin d’être en capacité de repeupler la Terre après un désastre.

Les chercheurs ont présélectionné une vingtaine d’îles avec, pour critères sine qua non, une population de 250 000 habitants minimum et aucune frontière terrestre. Pour déterminer les meilleurs États insulaires susceptibles de servir de refuges, ils ont ensuite pris en compte des caractéristiques telles que la localisation sur le globe, la population, les ressources ou le modèle de société.

La stabilité politique est également une condition primordiale

Les trois îles qui ressortent de ce classement sont, dans l’ordre, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Islande. Elles feraient office de parfaits refuges pour sauvegarder l’humanité et la « rebooter », en raison de leur surabondance d’énergie et/ou de nourriture. Si elles sont suffisamment éloignées des terres continentales, ces îles ont pour autant un PIB élevé, un bon niveau technologique, et ne sont pas soumises à trop de catastrophes naturelles.

La stabilité politique est également une condition primordiale, selon les chercheurs, qui précisent que plusieurs états insulaires examinés « manquaient de ressources indépendantes, y compris en approvisionnement énergétique, et manquaient aussi de capital social et de stabilité politique pour qu’une coopération post-catastrophe se passe bien ».

Dans les fictions post-apocalyptiques, comme ici Last of Us, mais aussi Metro, Silo et tant d’autres œuvres, des communautés autosuffisantes et barricadées émergent pour la survie. // Source : Naughty Dog

Les deux chercheurs estiment que les pays les mieux classés doivent préparer en amont (c’est-à-dire dès maintenant) un programme de résilience avec des mesures préventives. Ils ajoutent qu’il serait pertinent que les États insulaires développent des partenariats pour être prêts à coopérer au besoin.

Il est à noter que cette étude se veut très théorique dans son processus d’anticipation, d’autant plus qu’elle ne prend pas en compte de nombreux critères. Par exemple, comme il est indiqué directement dans la méthodologie du papier, les évolutions du changement climatique ne sont pas prises en compte — alors que la montée des eaux pourrait être un obstacle sérieux aux conclusions de l’étude. La capacité des États insulaires à réagir dans les temps dans le contexte effectif d’une catastrophe n’est pas non plus approfondie.

Crédit photo de la une : SyFy / 12 Monkeys

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