La sœur d'Alec Holowka, un des hommes accusés d'agression sexuelle la semaine dernière, a publié un message sur Twitter pour annoncer sa mort.

C’est avec un message publié sur Twitter ce samedi 31 août qu’Eileen Holowka, la sœur d’un développeur de jeu vidéo accusé d’agression sexuelle, a appris la mort de son frère. Elle sous-entend qu’il se serait suicidé, quelques jours après révélations faites à son encontre et son licenciement.

Alec Holowka était développeur dans le milieu des jeux vidéo. Il travaillait notamment sur le projet de Night in the woods et plusieurs jeux indépendants. Sa sœur a indiqué qu’il serait mort samedi 31 août. « Mon frère et meilleur ami est mort ce matin », a-t-elle écrit sur son compte, désormais passé en privé.

Le jeu vidéo Night in the woods. // Source : Finji

Son frère avait été accusé d’agressions sexuelles par plusieurs personnes, dont la développeuse Zoë Quinn, quelques jours auparavant. Cela s’inscrivait dans une série de témoignages de femmes travaillant dans le secteur du jeu vidéo qui racontaient sur Twitter le harcèlement, les agressions sexuelles ou viols dont elles auraient été victimes. Elles avaient rencontré les hommes qu’elles accusent dans le cadre de leur travail.

Zoë Quinn n’est pas la seule à avoir évoqué le nom d’Alec Holowka. D’autres personnes avaient raconté qu’elles avaient été mises en garde plusieurs fois à son sujet, car il aurait représenté «  un danger pour les femmes ».

Capture d’écran Twitter

Une autre femme a affirmé qu’il avait voulu saboter l’un de ses projets professionnels parce qu’elle avait refusé ses avances, rapporte Kotaku.

Après ces témoignages, Finji, le studio à l’origine de Night in the woods avait réagi publiquement. Il avait fait savoir qu’il prenait ces accusations «  très au sérieux ». Le studio estimait que les accusations étaient « extrêmement plausibles » et qu’elles avaient été confirmées par plusieurs sources après une enquête en interne. «  En conséquence, nous cessons notre collaboration avec Alec », a-t-il ajouté.

Les victimes présumées harcelées sur Twitter

La mort du développeur n’a pour le moment pas été confirmée par d’autres sources. Dans son tweet depuis passé en privé (mais que Numerama a pu consulter), Eileen Holowka sous-entendait qu’il s’agirait d’un suicide. Son frère aurait été en contact avec des services d’aide psychologique ces derniers jours pour trouver du soutien.

Elle explique qu’il aurait notamment eu des problèmes de « troubles de la personnalité et de troubles de l’humeur » et qu’il aurait lui-même subi des abus, dont elle ne précise pas la nature. « Je ne dis pas qu’il n’était pas pour autant responsable de la souffrance qu’il a pu causer mais au fond, c’était une personne qui voulait être gentille et prendre soin des autres  », a-t-elle écrit, ajoutant qu’il serait depuis quelques années devenu une « nouvelle personne » — les faits qui lui sont reprochés remontent à des années, mais n’ont pas été précisément datés.

« N’utilisez pas notre deuil comme excuse pour harceler des gens

Eileen Holowka a précisé que malgré sa tristesse, elle «  croyait les survivantes », un nom donné aux victimes de violences sexuelles en général. « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour les soutenir », a-t-elle indiqué.

Les victimes présumées ont passé leurs comptes Twitter en privé ce weekend, étant devenues les cibles d’un harcèlement massif. Eileen Holowka, également développeuse, a demandé sur le réseau social que personne ne s’en prenne à Zoë Quinn ou aux autres femmes qui ont témoigné : « Alec avait bien dit qu’il ne souhaitait que le meilleur pour Zoë et les autres, donc n’utilisez pas notre deuil comme excuse pour harceler des gens », a-t-elle publié.

Zoë Quinn est très connue dans le monde du jeu vidéo : c’est le billet de blog d’un de ses ex petit-amis, en 2014, qui a déclenché la controverse du GamerGate. Celui-ci accusait la jeune femme, développeuse, de l’avoir trompé, et d’avoir reçu un commentaire élogieux d’un journaliste parce qu’elle était en couple avec lui, ce qui était très largement surestimé — il ne la mentionnait que rapidement, et n’était même pas en couple avec elle à ce moment. Certains ont utilisé cette affaire pour remettre en question la place des femmes dans le monde des jeux vidéo, ont cru à une conspiration à plus grande échelle (notamment pour faire la promotion de son jeu Depression Quest) et ont harcelé violemment plusieurs femmes qui ont osé prendre la parole, dont plusieurs ont dû abandonner leur domicile.

La mort d’Alec Holowka a été très largement reprise et utilisée par les détracteurs de Zoë Quinn (qui mentionnent à nouveau le GamerGate), même si celui-ci avait été accusé par plusieurs personnes et désavoué par son employeur.  Quinn a supprimé son compte Twitter et ne s’est pas encore exprimée.

À lire sur Numerama : #MeToo dans le jeu vidéo  : après les témoignages, certains studios réagissent

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