Plusieurs femmes ont dénoncé du harcèlement des abus sexuels commis dans le secteur des jeux vidéo. Quelques studios ont depuis réagi.

Les témoignages se sont multipliés depuis le 26 août sur Twitter. Des dizaines de femmes dénoncent des faits de harcèlement, des abus sexuels et viols qui auraient été commis par des personnalités du monde du jeu vidéo. Certains noms sont revenus, poussant quelques studios de développement à prendre la parole à leur tour sur le sujet.

Nathalie Lawhead, une développeuse indépendante, est à l’origine de la vague de témoignages qui s’inscrit dans le mouvement #MeToo. Le 26 août, elle a publié une série de tweets dans lesquels elle raconte ses débuts dans le secteur des jeux vidéo.

Elle raconte que des professionnels influents auraient profité de sa situation précaire pour abuser d’elle. L’un d’entre eux, un compositeur de musique, l’aurait violée.

À la suite de ce premier témoignage, des dizaines de femmes l’ont soutenue. Certaines ont expliqué avoir subi des situations similaires. Des faits de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle ou de viols ont été rapportés sur Twitter.

Un développeur licencié

Parmi les personnalités accusées, plusieurs noms reviennent. Le studio Finji s’est exprimé publiquement sur Twitter ce 28 août. Le développeur, compositeur et designer Alec Holowka qui travaillait sur l’un de ses jeux (Night in the woods) a été accusé d’avoir eu des comportements abusifs à l’encontre de plusieurs femmes. La développeuse Zoë Quinn raconte qu’il l’aurait agressée sexuellement.

L’équipe de Night in the woods a indiqué qu’elle prenait ces accusations «  très au sérieux ». « En conséquence, nous cessons notre collaboration avec Alec », a-t-elle fait savoir.

Les projets en cours de développement seront annulés ou reportés. Les équipes expliquent avoir été particulièrement choquées par les révélations qui étaient « très difficiles » pour eux à encaisser.

Le jeu vidéo Night in the woods. // Source : Finji

Des réactions encore timides

Un autre studio a réagi en répondant aux sollicitations du média spécialisé Kotaku. Cela concerne cette fois les accusations faites par Nathalie Lawhead. Elle racontait dans son article de blog que Jeremy Soule, l’homme qui l’aurait violée, aurait volontairement nui à sa réputation après son agression. Il aurait notamment influencé son nouveau patron, Gregory MacMartin, le co-fondateur d’Interdimensional Interactive. Ce dernier n’est pas revenu sur le fond de l’affaire, mais il nie toute influence de la part de Jeremy Soule. « Sa seule implication dans le studio a été de composer de la musique pour nos jeux », a-t-il indiqué, reconnaissant toutefois qu’il était ami avec l’agresseur présumé.

Ces réactions sont pour le moment les seules à avoir été publiées. Aucun autre studio et surtout, aucune des personnalités incriminées, n’a pour le moment réagi, malgré les sollicitations des médias.

Les témoignages eux, continuent de se multiplier. Ils concernent aussi bien des faits d’abus sexuels que des récits sur la grande précarité du milieu. De nombreuses femmes racontent ainsi comment elles auraient travaillé durant des mois pour des studios sans être rémunérées pour leur travail.

Partager sur les réseaux sociaux