L'application Tinder a dévoilé une nouvelle fonctionnalité qui permet de masquer temporairement son profil. Les personnes LGBT pourront ainsi se sentir plus en sécurité dans certains pays.

Tinder

Il existe encore 70 pays dans le monde dans lesquels le fait d’être LGBT est considéré comme une infraction pénale, voire passible de torture ou de la peine de mort. Pour que les personnes concernées puissent voyager avec plus de sécurité, l’application de rencontres Tinder a mis en place une nouvelle fonctionnalité ce mercredi 24 juillet, a repéré Business Insider.

La fonctionnalité permet de cacher son profil de manière temporaire sur l’application. Elle est décrite en détails dans un communiqué publié par Tinder.

«  Nous voulons que chacun ait le droit de vivre sa vie comme il l’entend et d’aimer qui il veut », affirme Tinder. Dès le 24 juillet (l’option peut mettre plusieurs jours à être déployée dans certains pays), une alerte apparaîtra sur l’application lorsque vous visitez un État dans lequel l’homosexualité, la bisexualité ou encore le fait d’être transgenre est puni par la loi.

« D’après votre géolocalisation, sera-t-il alors écrit, il semblerait que vous soyez dans un pays où la communauté LGBT est pénalement réprimée. » Tinder vous proposera deux options : soit vous laissez votre profil en ligne, soit vous décidez de le masquer, de manière temporaire — jusqu’à ce que vous sortiez du pays.

L’entreprise précise qu’elle masquera automatiquement les profils des personnes LGBT lorsqu’ils ouvrent l’application dans des zones dangereuses, sur iOS comme sur Android. Il faudra sélectionner l’option « montrer mon profil » pour éviter ceci.

Des applications parfois dangereuses

L’homosexualité est toujours passible de la peine de mort dans 11 pays. Dans 26 autres États, elle est passible de 10 ans de prison.

Certains pays ont déjà interdit des applications de rencontre dédiées aux personnes LGBT. Grindr par exemple, a été banni dans une dizaine, parmi lesquels on trouve le Liban, l’Arabie Saoudite ou l’Iran. Tinder pouvant être utilisé aussi par des personnes cisgenres et hétérosexuelles, il ne connaît pas le même sort que Grindr. Cela peut mettre parfois en danger des utilisateurs et utilisatrices, qu’ils visitent ou qu’ils vivent dans des pays dangereux pour eux. Car s’ils ouvrent l’application dans un des pays, leur profil va être automatiquement proposé aux autres habitants du pays en question.

Tinder peut devenir un véritable outil de répression pour les gouvernements LGBTphobes. Au mois de juin, le gouvernement russe a demandé à l’application de lui fournir les données personnelles de ses utilisateurs. Pour le moment, Tinder s’y refuse. Si elle venait à s’y soumettre, cela pourrait mettre en danger de nombreuses personnes. L’homosexualité a été décriminalisée en Russie dans les années 1990 mais les droits de la communauté sont encore fragiles. Il n’existe ainsi pas de loi qui interdise de discriminer ou persécuter quelqu’un en raison de son identité de genre ou son orientation sexuelle.

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