Elisabeth Borne succède à François de Rugy en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle conserve également le portefeuille des Transports. Que sait-on de ses engagements écologiques ?

François de Rugy a annoncé sa démission du gouvernement le 16 avril 2019. Plusieurs affaires, révélées par Mediapart, ont eu raison de la poursuite de ses activités en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire (fonction qu’il exerçait depuis septembre 2018). Le jour-même, la ministre des Transports Elisabeth Borne a été nommée ministre de l’écologie, pour succéder à François de Rugy.

Elisabeth Borne va conserver le titre de ministre des Transports, portefeuille dont elle a la charge depuis 2017. Quant à son arrivée au ministère de l’écologie, elle ne se fait pas en terrain inconnu, comme le rappelle l’AFP dans une dépêche. L’ingénieure, diplômée de l’École polytechnique, et haute fonctionnaire a déjà passé un an au sein de ce ministère en tant que directrice de cabinet de Ségolène Royal. En mai 2017, lorsqu’elle est nommée ministre chargée des Transports, c’est auprès de Nicolat Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, qu’elle exerce cette fonction. Le mois suivant, elle est reconduite dans ses fonctions au sein du gouvernement d’Édouard Philippe.

Le projet de loi sur les mobilités presque bouclé

Elisabeth Borne est connue pour avoir conduit une réforme de la SNCF, ouvrant le transport ferroviaire à la concurrence. Malgré une très longue grève au sein de la SNCF, sa réforme a été votée avec une large majorité. La ministre est également en train d’achever une autre réforme importante, comme le rappelle l’AFP : le projet de loi sur les mobilités (LOM). Le projet de loi a été voté par l’Assemblée nationale le 18 juin dernier. Le texte ambitionne d’ «  améliorer concrètement les déplacements au quotidien pour tous les citoyens et dans tous les territoires ». Parmi ses axes, figure la volonté d’ « engager la transition vers une mobilité plus propre ».

Elisabeth Borne (au centre), lors d’un colloque en 2015. // Source : Wikimedia/CC/Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay (photo recadrée)

Quelles sont les propositions pour atteindre cet objectif ? Le projet de loi porté par Elisabeth Borne propose de multiplier par 5 les points de recharge des véhicules électriques d’ici 2022. L’objectif est également de tripler la part du vélo dans les déplacements. Sur la question du covoiturage, une solution que le projet de loi prévoie d’encourager, il pourrait devenir possible pour les collectivités de subventionner les covoitureurs. La démarche de création de zones à faibles émissions, déjà entamée dans 23 collectivités, serait encouragée.

« La loi mobilités est une réponse à l’urgence écologique […]. La pollution de l’air tue. Et, nous le savons, les transport ont leur part de responsabilité », a déclaré Elisabeth Borne le 3 juin dernier, lors de l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale de ce projet de loi.

Le « train fantôme » et l’avion préféré au TGV

Malgré ces paroles vertueuses, la nouvelle ministre de l’écologie risque de devoir gérer un dossier délicat. Comme le rappelle L’Obs, un collectif de défense, « Sauvons le Perpignan-Rungis » reproche à la ministre d’avoir « supprimé le train Perpignan Rungis et [de] jeter 25 000 camions par an sur les routes ». Ce convoi ferroviaire de primeurs qui fait le lien entre Perpignan et le marché de Rungis roulerait depuis le 15 juillet à vide. Le train transporte des fruits et légumes primeurs en provenance d’Espagne et du Maroc.

Une autre remarque de la nouvelle ministre de l’écologie risque aussi de lui être reprochée : en juin, BFM TV rapporte qu’Elisabeth Borne avait déclaré préférer « une petite ligne aérienne qui désenclave » à la construction de lignes à grande vitesse.

Tout en remplaçant au pied levé François de Rugy, Elisabeth Borne va devoir récupérer plusieurs sujets brulants, comme le projet énergie-climat. Elle devra parallèlement boucler le projet de loi sur les mobilités. Les mois qui arrivent s’annoncent donc chargés pour la ministre de l’écologie à peine nommée.

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