YouTube a annoncé au vidéaste conservateur Steven Crowder que sa chaîne était pour l'instant démonétisée à cause d'« actes scandaleux répétés ». Plus tôt dans la journée, YouTube avait pourtant jugé qu'il n'enfreignait pas ses règles, générant une tornade de critiques.

YouTube a rétropédalé en moins de 24 heures après une immense tempête autour d’un youtubeur conservateur, Steven Crowder, dont la chaîne a finalement été démonétisée le jeudi 6 juin 2019.

La veille, la plateforme vidéo de Google avait pourtant annoncé, comme nous le rapportions, que cette chaîne  n’enfreignait pas ses règles, alors même qu’un journaliste américain gay avait montré dans une série de tweets le harcèlement ciblé, homophobe et raciste, dont il était victime depuis des années. Crowder vend des t-shirts où il est inscrit « le socialisme c’est pour les p**és », qu’il porte parfois dans ses vidéos.

Steven Crowder a plus de 3,8 millions d’abonnés sur YouTube.

Twitter

Un revirement et des explications qui divergent

La décision de YouTube a été quelque peu difficile à comprendre, au vu de ses nombreux revirements de position. D’abord, la plateforme a refusé d’agir, estimant que le youtubeur utilisait principalement sa chaîne pour « débattre d’opinions » et non pour harceler, et ce, malgré les preuves de paroles homophobes et d’attaques ciblées et répétées, qui sont pourtant interdites par les règles de la plateforme.

Ensuite, le compte Twitter officiel de YouTube a affirmé que Crowder pourrait réinstaurer la monétisation de sa chaîne uniquement s’il retirait les liens vers sa boutique de t-shirts homophobes.

Puis 45 minutes plus tard, la multinationale a finalement expliqué que la chaîne était démonétisée « à cause d’actions répétées scandaleuses qui ont fait du mal à la communauté dans son ensemble », précisant que pour qu’elle soit re-monétisée, Crowder devra «  prendre en compte tous ces problèmes avec sa chaîne ».

Steven Crowder a confirmé dans une vidéo publiée le 6 juin avoir été appelé à deux reprises par YouTube ; la première fois uniquement pour parler de ses t-shirts, la deuxième pour parler de sa chaîne plus globalement. Il considère toutefois que ses actions ne sont pas répréhensibles et qu’il s’agit, de la part de ses opposants, d’une manière de le censurer, en l’empêchant de gagner sa vie grâce à ses contenus.

Pour comprendre toute l’histoire, lisez notre analyse de l’affaire, ses causes et ses conséquences par ici.

À lire sur Numerama : Pour YouTube, le harcèlement homophobe n’enfreint pas ses règles

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