La CNIL contraint Vectaury, une société française qui récoltait des données de géolocalisation sans l'accord des internautes à changer ses pratiques.

Bien qu’entré en application le 25 mai dernier, il y a plus de neuf mois, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est loin d’être unanimement respecté. Preuve en est avec Vectaury, une entreprise française spécialisée dans le ciblage publicitaire via les applications mobiles : celle-ci avait été épinglée en novembre 2018 pour des infractions au RGPD.

Ces violations appartiennent aujourd’hui au passé. Dans un communiqué paru le 26 février 2019, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) annonce que la mise en demeure de trois mois contre Vectaury a été levée, à la suite de contrôles ayant permis de constater que la société est rentrée dans le rang. La procédure est désormais close et aucune sanction n’a été prise.

Vectaury a en particulier corrigé la manière dont elle tient compte du consentement des internautes pour procéder à la collecte de leurs données. Désormais, une bannière s’affiche quand une application utilise les services de Vectaury. Celle-ci a un double rôle : informer les utilisateurs de ce qui est prévu en termes de collecte de données, avant que celle-ci n’ait lieu, et obtenir leur consentement.

La page d’accueil de Vectaury. // Source : Vectaury

Un outil utilisé dans des applications populaires

Si Vectaury un est nom qui ne rien au grand public, ses outils figurent en revanche dans certaines applications très populaires. Selon Exodus Privacy, un collectif spécialisé dans la confidentialité sur mobile, Vectaury figure dans des applications comme Skyrock, Télé Star, Météo France, Closer, VDM, Auto Plus, NRJ, Chérie FM, Nostalgie et Rire & Chansons.

Du fait des modifications apportées par Vectaury, « les personnes sont donc en mesure d’accepter ou de refuser que leurs données de géolocalisation soient traitées à des fins de publicité ciblée. En cas de refus, les données ne sont pas collectées par la société Vectaury et les personnes peuvent continuer à utiliser l’application sans que la qualité du service ne soit altérée », commente la CNIL.

Pour sa part, Vectaury a déclaré dans un communiqué se réjouir de cette issue.

Mettant en avant sa coopération de longue date avec l’autorité administrative indépendante, qui a été une interlocutrice pendant un an et demi, l’entreprise présente les solutions mises en place comme étant coconstruite avec l’institution. « Nous avons cherché à défendre une solution qui préserve les intérêts des éditeurs et des annonceurs tout en étant compatible avec […] les exigences des régulateurs » a déclaré son PDG.

Vectaury souligne par ailleurs que ses efforts couvrent aussi son système d’enchère d’espace publicitaire en temps réel. Désormais, la société identifie manuellement les plateformes de recueil du consentement utilisées sur des milliers d’applications mobiles, vérifie leur conformité au RGPD et écarte automatiquement celles qui ne sont pas en conformité, via des algorithmes.

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