Alors qu'un projet de loi prévoit une régulation des trottinettes électriques et une clarification des textes, la mairie de Paris brandit la menace des amendes pour mettre de l'ordre dans ce moyen de transport, en plein essor.

La mairie de Paris n’attendra pas l’évolution de loi pour réguler le développement des nouvelles formes de mobilité, qui s’incarnent essentiellement à travers l’essor des trottinettes électriques. Et cela, même si un projet de loi porté par la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, est actuellement débattu par le parlement pour préciser la législation face à ces nouveaux engins.

Le 6 novembre, la municipalité a dévoilé une série de mesures pour encadrer le « free floating ». Ce terme désigne un système dans lequel il est possible de récupérer ou de laisser un véhicule n’importe où, ou presque, puisqu’il n’est pas nécessaire de passer par une station dédiée. Deux points en particulier entendent taper au niveau du portefeuille, afin d’en finir avec certains comportements.

Tour Eiffel Paris
La Tour Eiffel, à Paris. // Source : DomiKetu

Viser le portefeuille

La première action consiste à verbaliser la circulation des trottinettes électriques sur les trottoirs. La ville met en avant le risque de collision avec les piétons, qui peut être grave si la vitesse de déplacement est élevée. Il s’agit avec cette amende d’assurer la sécurité des passants. Cette règle ne s’applique pas aux trottinettes normales, qui, elles, sont assimilées à des piétons et sont donc acceptées sur les trottoirs.

Selon 01 Net, l’amende atteindrait 135 euros, qui est le montant forfaitaire d’une amende de quatrième classe.

On fera toutefois remarquer que la règle générale concernant la circulation des trottinettes électriques (et plus globalement de tout engin propulsé par l’électricité) est actuellement absurde : elle dit en effet qu’il est interdit de l’utiliser sur les trottoirs et la voie publique. En théorie, son usage en ville est impossible (sauf sur des voies privées ou dans le cas où la mairie a pris des dispositions spéciales).

Le projet de loi d’orientation sur les mobilités doit corriger le tir : il est notamment prévu d’autoriser ces véhicules à emprunter les pistes et les bandes cyclables, mais aussi la voie publique lorsque la limitation de vitesse pour les véhicules est fixée à 30 km/h. Pour l’heure, un certain flou artistique demeure et l’on peut observer une relative tolérance de la part des forces de l’ordre.

Des trottinettes Lime. // Source : Marie Turcan pour Numerama

La fourrière pour les trottinettes mal garées

La seconde action consiste à verbaliser les trottinettes (électriques ou non) laissées sur les trottoirs qui gênent ostensiblement la libre circulation des piétons. La mairie explique ne pas vouloir empêcher le «  free floating », qui est toléré. Elle souhaite néanmoins mettre de l’ordre pour éviter que les trottinettistes évitent de laisser leur engin n’importe comment, sans aucune considération pour les autres.

Les trottinettes en cause pourront être enlevées par la fourrière. Leur récupération sera alors à la charge des sociétés les mettant à disposition, comme Lime ou Bird. Cependant, ce coût pourrait être logiquement répercuté sur le trottinettiste fautif, dans la mesure où ces firmes peuvent savoir qui utilise quelle trottinette, sur quelle période et à quel endroit a-t-elle été laissée.

Un bémol cependant : le trottinettiste qui laisse la trottinette sur place n’est pas forcément la personne qui a placé la trottinette au mauvais endroit. Quelqu’un peut tout à fait prendre l’engin et le déplacer manuellement ailleurs, à l’insu du trottinettiste. Cette situation n’est pas détectable par les plateformes : elles ne voient simplement que le dernier utilisateur légitime, et pas forcément la dernière personne à avoir touché l’engin.

Des trottinettes électriques. // Source : Marie Turcan pour Numerama

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