La mairie de Paris entend augmenter le nombre de verbalisations pour dissuader les trottinettistes d'emprunter les trottoirs.

Face au développement rapide et relativement anarchique de la trottinette, mais aussi des moyens de transport en libre service, comme les vélos et les scooters, la mairie de Paris resserre un peu plus la vis. Non pas pour empêcher ces nouvelles formes de déplacement d’exister, mais pour qu’elles s’insèrent correctement dans l’espace urbain sans poser de souci aux autres.

C’est ainsi que la Ville a annoncé ce jeudi 21 mars la création d’une taxe visant les sociétés mettant à disposition ces moyens de transport en libre office. Son montant est basé sur le nombre d’engins qu’elles mettent à disposition dans les rues de Paris. Il va de 20 euros à 78 euros, en fonction du moyen de transport et de la quantité qui est déployée. Cela représente des dizaines de milliers d’euros.

Un guidon de trottinette électrique. // Source : Léopold Maçon

C’est aussi pour cela que la mairie de Paris entend accroître la répression contre celles et ceux qui utilisent une trottinette — électrique ou non — sur le trottoir. Selon France Bleu, la ville entend augmenter le nombre de verbalisations afin de faire comprendre aux usagers que ces espaces ne sont pas pour eux. La décision de verbaliser la circulation sur le trottoir remonte à novembre 2018.

Le 6 novembre dernier, la municipalité avait dévoilé une série de mesures pour encadrer le « free floating », c’est-à-dire le libre service. Dans ce système, il est possible de récupérer ou de laisser un véhicule (presque) n’importe où, puisqu’il n’est pas requis de passer par une station dédiée. Deux mesures en particulier entendent taper au niveau du portefeuille, afin d’en finir avec certains comportements.

Viser le portefeuille

La première action consiste à verbaliser la circulation des trottinettes électriques sur les trottoirs. La ville met en avant le risque de collision avec les piétons, qui peut être grave si la vitesse de déplacement est élevée. Il s’agit avec cette amende d’assurer la sécurité des passants. Cette règle ne s’applique pas aux trottinettes normales, qui, elles, sont assimilées à des piétons et sont donc acceptées sur les trottoirs.

L’amende atteint 135 euros, soit le montant forfaitaire d’une amende de quatrième classe.

Aujourd’hui, la règle générale concernant la circulation des trottinettes électriques (et plus globalement de tout engin propulsé par l’électricité) est absurde : elle dit qu’il est interdit de l’utiliser sur les trottoirs et la voie publique. En théorie, son usage en ville est impossible, sauf sur des voies privées ou dans le cas où la mairie a pris des dispositions spéciales.

Le projet de loi d’orientation sur les mobilités doit corriger le tir : il est prévu d’autoriser ces véhicules à emprunter les pistes et les bandes cyclables, mais aussi la voie publique lorsque la limitation de vitesse pour les véhicules est fixée à 30 km/h. Pour l’heure, un certain flou artistique demeure et l’on peut observer une relative tolérance de la part des forces de l’ordre.

Des trottinettes Lime. // Source : Marie Turcan pour Numerama

La seconde action consiste à verbaliser les trottinettes (électriques ou non) laissées sur les trottoirs qui gênent ostensiblement la libre circulation des piétons. La mairie explique ne pas vouloir empêcher le «  free floating », qui est toléré. Elle souhaite néanmoins mettre de l’ordre pour éviter que les trottinettistes évitent de laisser leur engin n’importe comment, sans aucune considération pour les autres.

La fourrière pour les trottinettes mal garées

Les trottinettes en cause pourront être enlevées par la fourrière. Leur récupération sera alors à la charge des sociétés les mettant à disposition, comme Lime ou Bird. Cependant, ce coût pourrait être logiquement répercuté sur le trottinettiste fautif, dans la mesure où ces firmes peuvent savoir qui utilise quelle trottinette, sur quelle période et à quel endroit a-t-elle été laissée.

Un bémol cependant : le trottinettiste qui laisse la trottinette sur place n’est pas forcément la personne qui a placé la trottinette au mauvais endroit. Quelqu’un peut tout à fait prendre l’engin et le déplacer manuellement ailleurs, à l’insu du trottinettiste. Cette situation n’est pas détectable par les plateformes : elles ne voient simplement que le dernier utilisateur légitime, et pas forcément la dernière personne à avoir touché l’engin.

(mise à jour le 21 mars avec l’annonce d’une plus forte répression contre la circulation illicite des trottinettes)

Article publié initialement le 9 novembre 2018

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