Un groupe d'actionnaires d'Amazon demande à Jeff Bezos, le fondateur, d'arrêter de mettre à disposition des autorités américaines sa technologie de reconnaissance faciale.

« Amazon est officiellement entré dans le monde de la surveillance ». C’est par cette accroche forte que l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) dévoilait, le 22 mai 2018, l’irruption du géant du e-commerce dans le secteur de la reconnaissance faciale. Une lettre ouverte signée par nombre d’associations et d’organisations avait suivi, demandant à Jeff Bezos de renoncer au projet Rekognition.

Cet appel n’a pour le moment pas eu l’effet escompté.

Mais peut-être en ira-t-il autrement avec l’action d’un groupe d’actionnaires , celui-ci ayant l’intention d’inciter l’entreprise américaine à réorienter ses activités dans des domaines moins contestés. NBC News rapporte en effet qu’un collectif détenant des actions Amazon a écrit à Jeff Bezzos pour lui manifester ses craintes que cet outil « pourrait en fin de compte violer les droits civiques et humains ».

19 actionnaires ont signé cette lettre ; cependant, NBC News ne précise pas quelle part du capital d’Amazon ils détiennent ensemble. Le site américain précise qu’ils n’ont pas assez de droits de vote pour obliger le groupe à changer son activité et que Jeff Bezos est de très loin le premier actionnaire individuel de la société, avec pas loin de 79 millions d’actions.

Rekognition, qui a lancé publiquement l’outil fin 2016, pourrait être « utilisé de façon injuste et disproportionnée pour cibler et surveiller les personnes de couleur, les immigrants et les organisations de la société civile », mettent-ils en garde. Le 22 mai, l’ACLU déclarait que cet outil était actif dans au moins trois États américains et qu’il peut identifier, suivre et analyser des individus en temps réel, jusqu’à 100 personnes par image.

Selon Amazon, Rekognition « peut identifier les objets, les personnes, le texte, les scènes et les activités, ainsi que détecter tout contenu inapproprié.[Il] fournit également une analyse faciale et une reconnaissance faciale très précises, [et peut] détecter, analyser et comparer des visages pour une grande variété de cas de vérification d’utilisateurs, de comptage de personnes et d’utilisation pour la sécurité publique ».

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