Dans un amendement à la proposition de loi sur l'interdiction de l'usage du téléphone portable dans les écoles et les collèges, les députés LREM proposent d'étendre la restriction aux professeurs à l'ensemble de la communauté éducative.

Mise à jour : l’amendement a été retiré.

Article original : Faut-il étendre l’interdiction des smartphones aux professeurs et à l’ensemble de la communauté éducative, au nom de l’exemplarité que les adultes doivent donner face aux élèves ? C’est l’argument avancé par les députés de La République en marche avec l’amendement n°24 concernant la proposition de loi sur l’interdiction de l’usage du téléphone portable dans les écoles et les collèges.

Repéré par le journaliste Samuel Le Goff, l’amendement à l’article 1er du texte propose de substituer au mot « élève » les termes de « membre de la communauté éducative ». Derrière cette expression est regroupé l’ensemble des personnes qui « participent à l’accomplissement des missions de l’établissement scolaire ». Sont donc concernés les professeurs, mais pas uniquement.

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Les parlementaires veulent en finir avec le smartphone pendant les cours.
CC Jeremy Wilburn

Profs, surveillants…

On trouve donc les personnels des écoles et des collèges — y compris, par exemple, les personnes qui ont la charge du CDI ou les surveillants –, mais aussi les parents d’élèves, les collectivités territoriales ainsi que les acteurs institutionnels, économiques et sociaux, associés au service public de l’éducation ». Cette liste est notamment mentionnée au Code de l’éducation, à l’article L111-3.

« Il semble ainsi nécessaire de renvoyer à nos jeunes une image d’exemplarité et de cohérence avec les principes affichés par la présente proposition de loi, impliquant que les adultes puissent s’adapter au règlement intérieur imposé aux élèves », écrivent ainsi les parlementaires. Une image d’exemplarité qui s’arrête toutefois aux portes du lycée, ces établissements n’étant pas concernés par la réforme.

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CC Todd Petrie

Aux directeurs de se débrouiller

Particularité de la proposition de loi, elle ne comporte qu’un seul article : l’objectif est d’appliquer l’ interdiction à partir de la rentrée 2018 et de concrétiser une promesse d’Emmanuel Macron faite durant la campagne présidentielle. Jean-Michel Blanquer, nommé à l’Éducation nationale, a par la suite rappelé à diverses occasions son intention de mettre en œuvre cet engagement.

La simplicité de l’article loi a pour conséquence de renvoyer un certain nombre de choix entre les mains des directeurs et chefs d’établissement. À eux de décider quelle est la bonne façon d’appliquer l’interdiction, sachant qu’il y a déjà de nombreux établissements qui ont produit des règlements intérieurs dans lesquels cet usage est déjà prohibé, et que la loi prévoit déjà une telle restriction.

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