Un sénateur a fait adopter un amendement au projet de loi de finances pour 2018 qui impose à l’État de produire un rapport sur l'intérêt de créer un indicateur destiné à évaluer la capacité de l’État à recruter des profils de haut niveau en informatique.

Avec la numérisation galopante de la société, il n’y a pas que le secteur privé qui a un grand besoin de recruter des talents en informatique : l’administration aussi a besoin de compétences dans ce domaine et celles-ci sont parfois rares et recherchées. On pense par exemple à la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État.

Le problème, c’est que le secteur privé est capable de faire un pont d’or à ces experts et le secteur public a parfois bien du mal à s’aligner sur les offres très alléchantes que des grands groupes peuvent formuler. Certes, on peut avoir un certain sens de l’État, mais celui-ci risque d’être fort malmené si l’on propose en face un chèque annuel à six chiffres et une foultitude d’avantages.

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C’est au regard de cette problématique que le sénateur Thierry Carcenac a déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2018.

Approuvé par la commission des finances mais pas par le gouvernement, il impose à l’exécutif qu’il remette au parlement, neuf mois après la promulgation de ce texte, un rapport sur le sujet. Celui-ci devra discuter de « l’opportunité de créer un indicateur de performance » sur « l’attractivité de la filière des métiers du numérique et des systèmes d’information et de communication au sein de l’État ».

« La difficulté de l’État à attirer et à fidéliser des profils de haut niveau en la matière est préoccupante », dit l’élu dans son exposé des motifs, parce que « les pratiques actuelles ne permettent pas de proposer à ces [personnes] des perspectives de carrière, une autonomie et des rémunérations suffisamment attractives, au regard notamment de ce qu’ils pourraient espérer dans le secteur privé ».

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CC Ink Media

Le parlementaire évoque en particulier le cas des scientifiques et des analystes de la donnée (data scientists et data analysts), des spécialistes dans la manipulation de données très volumineuses. Selon le cinquième comité de pilotage des 34 plans de la nouvelle France industrielle, 137 000 emplois créés ou consolidés pourraient naître d’ici 2020 dans le secteur du Big Data.

« Alors que ces compétences sont devenues cruciales, l’administration éprouve des difficultés à recruter et fidéliser ces profils atypiques », continue le parlementaire. « Si les ministères économiques et financiers sont particulièrement concernés, ce problème s’étend à l’ensemble de l’État », ajoute-t-il. La mise en place d’un indicateur devrait justement permettre aux autorités d’y voir plus clair.

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