En Grande-Bretagne, un débat a lieu pour savoir quel est exactement le volume de données pornographiques présentes sur Internet, et surtout quelles sont les risques de tomber par hasard sur un accouplement filmé. Derrière ces interrogations anecdotiques se cache la légitimité, ou non, de bloquer par défaut la pornographie pour protéger les internautes contre les horreurs du hasard.

C'est un débat étrange mais très important qui a lieu actuellement en Grande-Bretagne. Combien y a-t-il réellement de pornographie sur Internet ? Le net est-il cet endroit envahi de poitrines arrosées et de fessiers occupés qu'aiment à dénoncer les associations familiales ? Y a-t-il un vrai risque de tomber fortuitement sur une gorge profonde en naviguant innocemment sur Internet ?

Le débat est important, car en 2014 les fournisseurs d'accès à internet britanniques devraient mettre en place un blocage par défaut des contenus pornographiques, au nom de la protection de l'enfance, tel que pourrait l'exiger aussi en France le CSA. Or bloquer des contenus par défaut, c'est se donner la possibilité de savoir qui demande le déblocage. C'est une atteinte à la vie privée, aux libertés, mais c'est aussi un risque pour l'avenir. Ce qui commence avec la pornographie pourra être étendu à d'autres contenus qui sans être illégaux, sont jugés impropres aux regards des citoyens bien élevés.

Or selon la BBC, qui publie une enquête sur le sujet, les statistiques qui servent à justifier le blocage par défaut de la pornographie sont très largement exagérées. Le chiffre le plus souvent cité, qui affirme que 37 % des contenus publiés sur Internet sont de la pornographie, est issu d'une étude communiquée en 2010 par une entreprise dont le métier est précisément de proposer des solutions de filtrage, Optenet. Pour parvenir à ce chiffre, elle a étudié un "échantillon représentatif" d'environ 4 millions d'URL, donc de pages web. Cependant, plusieurs études ont montré que les sites pornos généraient un nombre disproportionné de pages uniques, pour toujours proposer de nouveaux contenus aux visiteurs. Se baser sur le nombre de pages web est forcément introduire en biais dans le calcul de la probabilité de tomber par hasard sur un site internet pornographique.

La BBC cite donc une étude universitaire a priori beaucoup plus sérieuse, qui ne s'est pas basée sur les pages web, mais sur les sites web. Sur les 1 million de sites internet les plus visités au monde, seuls 4 % d'entre eux seraient des sites pornographiques, conclut l'étude publiée dans le livre "Un milliard d'idées vicieuses", des neuroscientifiques Ogi Ogas et Sai Gaddam.

Un bloggueur britannique a lui-aussi compilé des statistiques, à partir d'Alexa. Sur les 500 plus gros sites, seuls 8 seraient des sites pornographiques. Il montre aussi que parmi les 100 sites générant le plus de trafic, la pornographie est très loin au classement des catégories générant le plus de visiteurs :

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Abonnez-vous gratuitement à Artificielles, notre newsletter sur l’IA, conçue par des IA, vérifiée par Numerama !