La lutte contre le piratage ne se focalise pas uniquement sur les plateformes qui diffusent des contenus sportifs ou culturels sans autorisation. Elle peut aussi produire des effets contre les internautes qui s’y adonnent. On l’avait vu du temps de la Hadopi. On le voit aujourd’hui avec cette annonce de la Ligue de Football Professionnel (LFP).
Dans la soirée du 18 mars 2026, la LFP a rapporté l’action du parquet d’Arras qui a débouché sur des sanctions à l’encontre d’une vingtaine d’utilisateurs de services d’IPTV illégaux. Initialement d’ailleurs, ces internautes n’étaient pas spécifiquement dans le viseur des autorités. C’est au cours de l’enquête qu’ils ont été repérés, entendus et, au final, punis.

Comme le note la LFP, son action visait au départ des « prévenus soupçonnés de revente d’abonnements IPTV illégaux ». Durant les investigations, quelques utilisateurs ont alors été identifiés, permettant à la Ligue d’étendre son action judiciaire. Pour ces derniers, l’affaire s’est achevée sans procès, le parquet leur ayant proposé une composition pénale.
Cette disposition légale offre une mesure alternative aux poursuites, et à la perspective d’un procès pénal à l’issue incertaine. Disponible si certains critères sont respectés, elle peut être enclenchée à condition que les prévenus reconnaissent les faits reprochés. Ici, ce sont des amendes de 300 à 400 € qui ont été infligées.
Ces sanctions se sont fondées sur l’article 79-4 de la loi de 1986 relative à la liberté de communication.
Des sanctions jusqu’à 7 500 € d’amende sont prévues pour « l’acquisition ou la détention, en vue de son utilisation, d’un équipement, matériel, dispositif ou instrument » visant à « capter frauduleusement des programmes télédiffusés, lorsque ces programmes sont réservés à un public déterminé qui y accède moyennant une rémunération versée à l’exploitant du service. »

En apprendre plus
C’est quoi l’IPTV et est-ce que c’est légal en France ?Un enjeu politique et commercial derrière le symbole
Les sommes en jeu ici sont complètement anecdotiques par rapport aux pertes financières dont se plaignent les titulaires de droits face à l’IPTV illicite. Mais la LFP juge que l’enjeu est ailleurs : la plainte initiale ne ciblait pas les internautes, mais des revendeurs, qui risquent davantage. Ici, c’était surtout l’occasion de mettre un coup de pression aux internautes.
Au-delà de l’intimidation judiciaire, la LFP profite de cette affaire pour faire passer un message politique. La Ligue réclame une mise à jour législative musclée : l’inscription de nouvelles incriminations pénales directement dans le Code du sport et, surtout, la mise en place d’un système de blocage automatisé en temps réel.
Aujourd’hui, les ayants droit doivent obtenir des ordonnances judiciaires pour chaque site, un processus jugé trop lent face à la volatilité des flux IPTV. Des mises à jour législatives ont cependant déjà eu lieu dans l’optique de dynamiser la lutte contre le piratage — notamment pour éviter d’avoir à repasser devant le juge pour bloquer des sites miroirs.

Cette action ne doit rien au hasard du calendrier. Elle intervient alors que la Ligue tente d’imposer son propre service de streaming, Ligue 1+.
Pour la LFP, l’enjeu n’est plus seulement de protéger les diffuseurs tiers comme DAZN ou Canal+, mais de sécuriser son propre canal de vente directe. Le communiqué est d’ailleurs explicite : cette « mobilisation contre le fléau » du piratage s’inscrit au cœur d’une stratégie de recrutement de nouveaux abonnés pour sa plateforme.
« La LFP et LFP Media saluent ce signal fort adressé aux utilisateurs de services de piratage, qui pensent à tort agir en toute impunité alors qu’ils contribuent en connaissance de cause à un écosystème mafieux portant gravement atteinte à l’ensemble du secteur sportif », commente ainsi la Ligue dans son communiqué.
Un signal fort, mais la manière dont il sera reçu par les internautes n’est pas garantie. Durant des années, la Hadopi s’est échinée à appliquer la riposte graduée contre les internautes effectuant des échanges pirates en P2P, notamment via BitTorrent. Cela n’a cependant pas tué la tendance, et de nombreux internautes se sont adaptés.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !











