Le ministre britannique de la Culture demande que les moteurs de recherche censurent leurs résultats, pour favoriser les plateformes légales par rapport aux sites qui conduisent à des téléchargements illégaux. Une initiative déjà vue en France, mais avortée.

Non content de mettre sur pied une riposte graduée, le gouvernement britannique veut ravir à la France l’étendard de la protection des droits d’auteur sur Internet. Le ministre de la Culture Jeremy Hunt a fait savoir qu’il voulait que les moteurs de recherche comme Google prennent « des mesures raisonnables » pour évincer les sources de téléchargement illégal de leurs résultats, ou que le gouvernement serait prêt à prendre des mesures législatives pour les y obliger.

« Nous souhaitons prendre des mesures pour rendre de plus en plus difficile l’accès aux sites qui facilitent délibérément la violation (des droits d’auteur), en trompant les consommateurs et en privant des créateurs d’une juste rémunération pour leur créativité« , devrait déclarer le ministre, dont le discours a déjà fuité dans le Telegraph. « Nous ne permettons pas à certains produits d’être vendus dans les magasins dans les rues, ni ne permettons à des boutiques d’être installées pour vendre des contenus contrefaits. Nous ne devrions pas non plus le tolérer en ligne« .

L’idée n’est pas nouvelle. Elle est même française. Lors de l’examen de la loi Hadopi, le rapporteur Frank Riester (aujourd’hui membre du collège de la Haute Autorité) avait proposé un amendement pour mieux référencer les offres légales sur les moteurs de recherche. Il faut « redonn(er) la priorité aux offres autorisées, ne serait-ce que dans la hiérarchisation des résultats« , expliquait le rapport.

Le Centre National de la Cinématographie (CNC) avait également contacté les principaux éditeurs de moteurs de recherche (Google, Microsoft, Yahoo…) « afin que les plateformes légales figurent systématiquement en tête des pages affichées à la suite d’une recherche d’internautes cinéphiles« . Mais contacté par Numerama, Google nous avait dit rejeter cette idée, en assurant que « ce serait aller loin que de demander aux moteurs de recherche de surréférencer certains sites labellisés, cela constituerait une forme de censure« .

Finalement l’amendement Riester a été abandonné. Mais Google, lui, a bien entamé des démarches favorables à la volonté française et britannique. Malgré un jugement faborable qui estime qu’il n’est pas responsable des suggestions faites par son algorithme, Google continue de bloquer l’affichage instantané des résultats de recherches « inappropriées » sur Google, notamment lorsque l’utilisateur recherche « Bittorrent », « RapidShare », « MegaUpload », ou encore « MediaFire ».

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